Le spectre du Front National plane toujours sur Vitrolles

Le spectre du Front National plane toujours sur Vitrolles

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MUNICIPALES 2014 - De 1997 à 2202, Vitrolles a été dirigée par le Front National. Moribonde au départ de Catherine Mégret, la formation d'extrême droite revient aujourd'hui en force dans cette commune des Bouches-du-Rhône et sème le trouble dans le jeu politique.

L'ère Front Nationale n’a pas laissé de très bons souvenirs à Vitrolles. Entre 1997 et 2002, Catherine Mégret, l’épouse de l’ex-bras droit de Jean-Marie Le Pen a incarné l'exécutif de la commune sous l’étiquette FN puis MNR. "Ça s’est terminé en eau de boudin", reconnaît le candidat Front national aux municipales Marcel Yde. Après l’annulation en 2002 de la seconde élection de Catherine Mégret, "l’extrême droite est entrée dans l’obscurité". Depuis, "les choses se reconstruisent doucement et nous sommes aujourd’hui ambitieux", poursuit celui dont la liste est, arrivée en deuxième position dimanche dernier avec 24,44 %.

Grand, athlétique, économe dans ses paroles et le regard perçant, on devine sans peine l’ancien militaire derrière le candidat. Passé des opérations tchadiennes, au business international dans la high-tech, Marcel Yde mène sa première campagne municipale à Vitrolles. Ce jour-là, l’ambiance est un peu tendue dans son QG situé dans la zone industrielle. "Le micro est bien coupé ?", demande plusieurs fois le candidat. Marcel Ydé dénonce un climat électoral fortement détérioré ces derniers jours et pour appuyer son propos, il exhibe un tract ambigu qu'il attribue son rival UMP : "les électeurs de Marine Le Pen votent Borelli (candidat UMP, ndlr) au second tour " peut-on y lire.

Un score multiplié par 2,5 depuis la dernière municipale

En effet, le score du FN a de quoi susciter les convoitises d’une tête de liste UMP arrivée en troisième position du premier tour avec 17,58 %. Christian Borelli, opposant au maire PS du maire sortant Loïc Gachon, pense encore que ce scrutin est "une chance historique pour la droite". Le candidat espère bien profiter du vote sanction contre la gauche et contre un candidat "installé par Jean-Noël Guérini" selon lui. L’UMP table aussi sur le mauvais souvenir laissé aux habitants par la municipalité d’extrême droite de Vitrolles. "Toutes nos subventions, du conseil général, de la région et de l’Etat avaient été coupées à l’époque ; la ville était paupérisée" se souvient Christian Borelli pour qui "le retour du FN à la mairie donnerait le même résultat".

Le maire sortant Loïc Gachon agite lui aussi cette menace. Son QG est d’ailleurs situé juste à côté du "sous-marin" dont il subsiste une simple plaque. Haut lieu de la contestation au FN à l'époque ou ce dernier regnait en maître sur la ville, ce café-concert, dans un premier temps "privé de subventions", avait fini par être "muré par la municipalité au lendemain d’un concert " se souvient Loïc Gachon.

Arrivé en première position dimanche dernier avec 33,51 % des suffrages, le candidat socialiste part favori pour ce second tour. Il souhaite pourtant faire profil bas, une extrême droite passée de 9,74 % à presque 25 % en 6 ans, "il n’y a pas de quoi faire du triomphalisme", tempère-t-il.
 

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