Le stratège Jean-Claude Gaudin donne de sa personne

Le stratège Jean-Claude Gaudin donne de sa personne

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MUNICIPALES – Arrivé en tête au soir du 1er tour des municipales, le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, candidat à sa succession, avance avec confiance pour le scrutin de dimanche prochain.

Dans une autre vie, Jean-Claude Gaudin aurait pu être forain. Une théorie surprenante mais à le voir déambuler mercredi midi entre les étals de vêtements et autres accessoires du marché de la Joliette, le maire UMP de Marseille est comme un poisson dans l’eau. Un clin d’œil à droite, une main chaleureusement tendue à gauche, le candidat à sa propre succession se donne sans compter. "C’est là qu’il est le meilleur, au contact des Marseillais", assure un membre de son entourage. Mais entre deux boutades sur la taille d’un jean "pas assez grand" pour lui, l’animal politique n’est jamais loin.

La preuve devant un marchand de cosmétique. Accompagné de Lisette Narducci, tout juste ralliée à son camp, il sort son porte-monnaie pour lui offrir du fond de teint. "Allez, c’est moi qui paye et ce n’est pas l’argent de Guérini !" dit-il en référence aux Parti socialiste qui l’accuse d’avoir noué un accord secret avec le président du conseil général pour inscrire la candidate classée à gauche sur ses listes. Lui voit dans ce ralliement un "rassemblement pour les Marseillais", même s’il sait que le coup porté au PS sera sans doute décisif pour le scrutin de dimanche soir.

Une stratégie autour de sa personne

Politiquement, Jean-Claude Gaudin affine sa stratégie à mesure que le scrutin décisif approche. Dernier exemple en date : le refus de débattre avec ses adversaires sur un plateau de télévision. "A quoi bon ? s’interroge-t-il, un débat à deux, je l'aurais sans doute accepté, mais c'est un débat à trois. Deux types contre moi qui disent que tout ce que j'ai fait est pourri, non merci !". Une manière de "fuir le débat" dénonce ses adversaires. Mais l’adepte de la "théorie des courants" sait que le contexte lui est favorable.

"En principe, un second tour amplifie la victoire de ceux qui sont bien positionnés au premier tour, note-t-il. À l’inverse, la sanction s’accentue vis-à-vis de ceux qui gouvernent, bien entendu le pays. Ici la démonstration est faite que les Marseillais ont souhaité me témoigner de la sympathie et peut-être de la reconnaissance pour ce que nous avons fait". Une stratégie entièrement centrée autour de sa personne. Mais difficile de la remettre en question au regard des résultats du premier tour.
 

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