Législatives à Evry : Valls, Dieudonné, Lalanne et Hamon... chronologie d'une campagne bien bizarre

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CHAOTIQUE - Manuel Valls concourt aux élections législatives dans une circonscription où le scrutin a pris des allures de référendum pour ou contre l'ancien Premier ministre. LCI revient sur les principaux temps forts de la campagne dans la 1ère circonscription de l'Essonne.

Ce sera, à n'en pas douter, une circonscription très regardée le soir du 11 juin. La 1ère circonscription de l'Essonne, "détenue" depuis 2002 par l'ancien Premier ministre Manuel Valls, est ce qu'on a coutume d'appeler un "point chaud" des élections législatives. Et pour cause : l'ancien chef de gouvernement "dégagé" par les sympathisants du Parti socialiste en janvier au profit de Benoît Hamon s'y représente, dans un climat des plus surprenants, avec bien des péripéties, que nous reprenons pour vous depuis le début.

29 mars : Valls annonce son soutien à Macron

Impossible de tracer l'histoire de la campagne des législatives sans rappeler la stratégie de son député sortant. La première étape se situant bien avant la campagne, le 29 mars. Au micro de Jean-Jacques Bourdin, oubliant son engagement de soutenir Benoît Hamon, son vainqueur de la primaire socialiste, il déclare qu'il votera Emmanuel Macron au premier tour de l'élection présidentielle. "Je n'ai rien à négocier et je ne demande rien", affirme-t-il alors, tandis que son choix lui coûte l'ouverture d'une procédure d'exclusion à Solférino.

23 avril : Mélenchon arrive en tête à Evry... malgré Valls

Soutien zélé d'Emmanuel Macron, Manuel Valls va jusqu'à adresser à ses concitoyens d'Evry une missive où il appelle à voter en faveur d'Emmanuel Macron. Une lettre cosignée par le maire évryen Francis Chouat, dans laquelle il finit d'oublier, face au "danger réel d'un deuxième tour entre Marine Le Pen et François Fillon", son pacte signé à l'occasion de la Belle alliance populaire.

Malgré cet appel, Evry boude en partie le candidat d'En Marche! En effet, le soir du premier tour, c'est Jean-Luc Mélenchon qui arrive en tête, avec près de 35% des voix, contre 27% pour Emmanuel Macron et moins de 9 pour Benoît Hamon. Des chiffres qui rendent optimiste Ulysse Ramaté, élu municipal de l'autre grande ville de la circonscription, Corbeil-Essonne, et suppléant de Farida Amrani, la candidate de la France insoumise. Contacté par LCI, il s'enthousiasme : "Fort de son résultat et de notre ancrage, du rejet que suscite Manuel Valls, y compris chez ceux qui lui sont moins réfractaires, on a avancé dans nos têtes et maintenant, on se dit : 'Oui, c'est possible'."

Après le 7 mai, opération séduction sur Macron

Au lendemain de la victoire d'Emmanuel Macron, son ancien chef du gouvernement n'y va pas par quatre chemins et se dit prêt à "participer à la réussite du quinquennat" en soutenant la "majorité présidentielle". Et éventuellement à en faire partie. Sauf que le Premier ministre n'est pas éligible aux critères d'En Marche!, et les cadres du mouvement ne boudent pas leur plaisir pour lui rappeler. Pas investi par la REM et lâché par le PS, Manuel Valls se présente en "homme libre", sans candidature PS ni REM face à lui, tout en présentant une affiche siglée "Majorité présidentielle", qui ressemble furieusement à celle d'un certain Emmanuel Macron. Un épisode qui a "abîmé" l'image du Premier ministre, à en croire Ulysse Rabaté.

Francis Lalanne se présente...

Le 16 mai, le mouvement 100%, qui se décrit comme "écologiste et citoyen", annonce qu'il investit Francis Lalanne comme suppléant de Jacques Borie dans la 1ère circonscription de l'Essonne. A Libération, il a regretté la multiplication des candidatures : "C’est dommage, on aurait pu se rassembler dès le premier tour. Mais bon, on se range derrière celui qui est le mieux placé pour faire barrage à Valls au second tour".

... Dieudonné aussi

C'est un de ces petits soubresauts de campagne qui font sourire. Mais dans ce cas-là, le parachutage est symbolique. Le 17 mai, l'humoriste controversé Dieudonné se présente, en tant que suppléant, à Evry. Le candidat titulaire ? Nolan Lapie, qui n'est autre que le jeune homme qui avait giflé Manuel Valls à Lamballe, lors d'un déplacement de campagne de la primaire de la Belle alliance populaire, en janvier. Le proche du polémiste antisémite Alain Soral, qu'une joute médiatique avait opposé à Manuel Valls en 2013, précise venir se confronter à "son bourreau" qui "s'est acharné pendant des mois et des années" contre lui.


Une accumulation de candidats que ne goûte guère l'équipe de la France insoumise : "Ces gens nourrissent une hystérie à l'endroit de Manuel Valls. Ils croient lui nuire, mais en réalité, ils le nourrissent. Il ne suffit pas d'être anti-Valls pour le battre et 'dégager Valls' n'est pas un projet politique."

Hamon s'invite

Pour le dernier coup de théâtre en date de la campagne, mardi 23 mai, le candidat malheureux à l'élection présidentielle s'invite, annonçant qu'il soutient la candidature... du concurrent communiste, soutenu par Europe Ecologie-Les Verts, Michel Nouaille. Une revanche, quelques mois après la "trahison" de Manuel Valls à son endroit ? Difficile de ne pas y penser, estime Ulysse Rabaté, pour qui Benoît Hamon "rajoute de la confusion avec un nouveau discours anti-Valls". L'heureux récipiendaire, lui, s'est réjoui du soutien de Benoît Hamon "qui vient renforcer le rassemblement autour de ma candidature" dans "une circonscription emblématique, où se présente l'acteur essentiel du renoncement et des dérives de ces dernières années." Et Manuel Valls, qu'en pense-t-il ?

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