Cécile Delpirou, syndicaliste de Whirlpool et candidate suppléante d'En Marche dans la Somme

LÉGISLATIVES - Cécile Delpirou, déléguée de la CFE-CGC à l'usine de Whirlpool d'Amiens, qui avait animé l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle, va accompagner Barbara Pompili dans la deuxième circonscription de la Somme.

Deux semaines après la journée très agitée d'Emmanuel Macron sur place, en plein entre-deux-tours, Whirlpool et le Président lient à nouveau leur destin. En effet, Cécile Delpirou, secrétaire du comité d'entreprise de l'usine amiénoise, a décidé d'être la suppléante de Barbara Pompili, secrétaire d'Etat chargée de la Biodiversité, et candidate de la République En Marche dans la deuxième circonscription de la Somme. 


L'alliance pourrait surprendre, au vu de l'accueil houleux réservé par les salariés de cette usine promise à la fermeture en juin 2018 et à la délocalisation en Pologne. Le 26 avril, c'est en effet sous les sifflets et les invectives que le futur Président était arrivé près des piquets de grève, le tout capté par des nuées de caméras. La tension avait été à son maximum, les salariés présents sur place digérant mal que le natif d'Amiens n'ait jamais fait le déplacement jusqu'à chez eux, ni vraiment condamné la fermeture d'une usine "en très bonne santé financière", nous rappelle Cécile Delpirou.

Barbara Pompili, rare ministre macroniste

Membre de la CFE-CGC, cette salariée de Whirlpool depuis 27 ans est elle aussi surprise, mais plutôt par l'emballement médiatique au sujet de son engagment dans la majorité présidentielle : "Je ne comprends pas que ça fasse autant de bruit", confie-t-elle à LCI, sans en dire plus. "Les politiques ont été très présents sur le dossier Whirlpool. François Hollande, puis Emmanuel Macron... et Barbara Pompili, que je connais très bien. Je travaille avec elle sur le dossier Whirlpool depuis cinq ans."


C'est d'ailleurs la ministre écologiste, une des rares membres du gouvernement à avoir ouvertement soutenu Emmanuel Macron, qui l'a convaincue de la rejoindre dans son ambition législative, dimanche 7 mai : "Son engagement syndical est proche d’une démarche qui est aussi la mienne : mettre tout le monde autour de la table pour trouver une solution, précise cette dernière au Courrier Picard. J’ai pensé à elle à la fin de la semaine dernière. Je l’ai contactée et nous nous sommes rencontrées dimanche."

"Les engagements du genre 'Demain, il fera beau', si c'est pour être déçu après..."

Que le discours d'Emmanuel Macron sur l'avenir de Whirlpool ne soit pas teinté de volontarisme quant à l'avenir des salariés dans l'usine n'est pas de nature à décourager Cécile Delpirou : "Les engagements qu'il a pris avaient l'avantage d'être tenables [contrairement à la nationalisation promise par Marine Le Pen lors de sa venue, ndlr]". Et en effet, celui qui était alors candidat avait répété "ne pas vouloir faire des promesses en l'air", se rappelant trop le souvenir de François Hollande à Florange, en 2012. Au lieu de quoi, il avait promis "un repreneur sérieux, le reclassement, le plan de sauvegarde de l'emploi". Un accord a d'ailleurs été signé, vendredi 5 mai, proposant jusqu'à 80.000 euros d'indemnités et un congé de reclassement pour les salariés : "C'est équilibré, juge la candidate. Mais la signature d'un accord de ce type, pour un militant syndical, c'est toujours une blessure."


Un réalisme qui a rassuré Cécile Delpirou, quand bien même elle précise n'avoir pas été convaincue par la visite "courageuse" de Macron à Whirlpool : "Les engagements du genre, 'Demain, il fera beau', mais si c'est pour être déçu après... Les autres promesses sont peut-être plus difficiles à entendre, mais au moins elles sont réalistes."


Après 20 ans d'engagement syndical, la voilà donc en marche, au moins indirectement, vers l'Assemblée, en compagnie d'une future ex-ministre. L'avait-elle seulement imaginé ? "Si j'avais voulu m'engager autrement auparavant, j'aurais pu le faire. Mais quand on reçoit une proposition pareille, on prend ses responsabilités." Avec un objectif en tête : remplir un rôle de médiateur dans la société. "Du dialogue social, mais pas seulement. C'est partout que le dialogue est important. On ne parle pas suffisamment." Pense-t-elle que ses collègues comprendront son engagement ? "Oh, je ne veux pas parler à leur place..."

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