Les militants de NKM veulent y croire

Les militants de NKM veulent y croire

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REPORTAGE - Pour son dernier meeting de campagne, Nathalie Kosciusko-Morizet a tenté d'exorciser les derniers sondages qui la donnent perdante dans le 14ee en essayant de rassembler les électeurs au-delà de la droite et du centre.

C'est comme si personne dans le public n'avait lu le dernier sondage CSA pour Le Figaro qui donne Nathalie Kosciusko-Morizet perdante dans le 14e dimanche prochain à 46% contre 54% pour la socialiste Carine Petit. Au gymnase Mouchotte, qui accueillait au pied de la tour Montparnasse le dernier meeting de campagne de NKM, le temps était à l'optimisme débordant sous les cris continus et répétés de "On va gagner".

Une méthode Coué scandée par environ trois cents militants enthousiastes qui entouraient les vingt têtes de liste de l'union UMP-UDI-Modem à côté desquelles avait pris place le meilleur score de la droite en France au premier tour dans une ville de plus de 50.000 habitants : Jean-Christophe Lagarde. Réélu avec plus de 75% à Drancy (Seine-Saint-Denis), c'est à lui que revient l'honneur de chauffer la salle avant l'entrée en scène de la diva. A 20h15, NKM fait son apparition, fendant lentement la foule sous une nuée d'objectifs avant de s'asseoir au premier rang pour écouter un message préenregistré d'Alain Juppé, un autre "winner" de la droite après sa victoire à Bordeaux.

"La gauche a essayé de faire de moi une caricature"

Une petite intervention de Marielle de Sarnez, vice-présidente du Modem, plus tard, NKM monte enfin sur l'estrade, malgré ses très hauts talons. C'est parti pour 45 minutes d'un discours aux allures de one-woman-show. N'hésitant pas à jouer avec son public, la chef de file de la droite parisienne, toute sourire, commence par se féliciter du vote "sanction" du premier tour. Hollande, Hidalgo, Delanoë, chaque leader socialiste a droit à sa bordée de sifflets à l'énoncé de son nom avec une mention spéciale pour la candidate socialiste.

"La gauche a essayé de faire de moi une caricature, lance NKM. Mais moi je ne suis pas une héritière. Il est plus facile de conquérir le pouvoir que se le faire octroyer. Mais cela n'a pas la même saveur !" L'accord d'entre-deux tours à Paris entre le PS et les Verts est le suivant sur sa liste noire. "Ils ne sont d'accord sur rien et c'est pour ça qu'ils font un accord, se gausse-t-elle, hilare. Imaginez, si jamais, dimanche..." Les militants grondent, ils refusent d'envisager l'échec.

Jean-Pierre Raffarin en guest star

Sa réserve de voix est limitée, alors NKM conclut en appelant au rassemblement le plus large possible dimanche, y compris au-delà de son camp. "La droite, le centre, les jeunes, les écolos, ceux à gauche qu'ils veulent que ça change, je leur dis rejoignez-nous !" Le public est debout. Mais le spectacle n'est pas terminé. Jean-Pierre Raffarin déboule en guest star, manquant de renverser une militante sur son passage. Le micro en main, le sénateur de la Vienne éclipse les colistiers de NKM montés avec elle sur scène.

Il n'en fallait pas moins pour que l'espoir d'une victoire finale de NKM se transforme chez les militants en certitude. "C'est sûr, on va gagner, affirment en coeur à la sortie Yannick et Alain, en couple depuis 40 ans. Les sondages se sont déjà trompés au premier tour, ça va recommencer au second." D'autres gardent un peu plus de recul. "On n'est pas à l'abri d'une bonne surprise, lance Paul, 19 ans. Je ne dis pas qu'on va gagner mais on peut gagner." "On peut gagner", ce n'était pourtant pas le slogan jeudi soir au gymnase Mouchotte.

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