"Les politiques vont-ils cette fois entendre la colère des Français ?"

"Les politiques vont-ils cette fois entendre la colère des Français ?"

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ANALYSE - Alors que la France se réveille avec sept régions à droite et cinq à gauche, Ghyslaine Pierrat, spin doctor et auteur de La Communication n'est pas un jeu (Ed. L'Hamartan), debriefe en quatre points ce scrutin des élections régionales.

 La mobilisation des Français
"Les Français se sont exprimés très fortement, via une colère populaire, un rejet du système. On a entendu un désir de changement des Français, incarné pour certains par le Front National, alors qu'il prône une nostalgie politique. Face à cette mobilisation, il est clair qu'on ne peut plus faire de la politique comme avant, il faut passer du discours aux actes. Les gens ont soif de concret, de solutions. Ils ne veulent plus de guerre sémantique. Mais les politiques vont-ils cette fois entendre la colère des Français ?" 

 L'enracinement du Front national
"Il faut prendre cette vague du FN très au serieux. Il a élargi son audience auprès des agriculteurs, qui se sentent abandonnés de façon très forte. Mais aussi chez les petits patrons, les artisans, les jeunes. Il y a un rejet des élites et dans ce contexte le Front National surfe sur sa liberté de ton, dans le registre "nous ne sommes pas comme les autres". Si il n'a pas gagné de région, le FN n'a pas perdu pour autant. Il a augmenté très fortement le nombre de ses conseillers régionaux, il est parvenu à déstabiliser, à créer un choc. Le vote FN n'est plus un vote de sanction, d'humeur, mais un vote enraciné et d'adhésion. Désormais, le FN fait partie du paysage politique français."

 La résistance du PS
"Ce score très surprenant est inesperé. Il y a eu un sursaut républicain qui a surtout bénéficié au Parti Socialiste, qui a montré qu'il restait la deuxième force politique du pays. François Hollande, très combatif après les attentats, volontariste lors du sommet de la COP21, a profité d'une conjonction d'événements qui ont impacté sur le scrutin. Faisant notamment passer la hausse du chômage au second plan. Il peut en profiter pour 2017, mais les Français sont d'une telle volatilité, que rien n'est acquis."

 Un Nicolas Sarkozy "protégé"
"Les Républicains peuvent se féliciter d'avoir remporté deux régions, Nord-Pas-de-Calais-Picardie et Provence-Alpes-Côte d'Azur . Nicolas Sarkozy sort "protégé" par le fait d'avoir décroché en tout sept régions à droite, alors que les guerres intestines et réglements de compte qui se dessinaient en cas de défaite seront ponctuellement remisés au placard. A droite, le parti Les Républicains a sauvé les meubles. Place aux primaires qui promettent d'être dures et vengeresses, comme la droite sait le faire. Nicolas Sarkozy devra très vite -et bien- tirer les leçons de ce scrutin des régionales 2015. Dix-huit mois avant la Présidentielle : c'est très court !"

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