Les recettes antilibérales du Front de gauche pour Paris

Les recettes antilibérales du Front de gauche pour Paris

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MUNICIPALES 2014 - Danielle Simonnet, candidate du Front de gauche à Paris, a présenté mercredi un cocktail de 424 mesures visant à contrer la politique jugée "libérale" du gouvernement socialiste et de l'exécutif parisien. Au programme : recruter 4.000 fonctionnaires, étendre les services publics et instaurer un rapport de force avec l'Etat.

"L'austérité" comme ennemi juré. La candidate du Front de gauche à Paris, Danielle Simonnet, a livré mercredi un cocktail de 424 propositions prenant pour cible principale la politique jugée "libérale" du gouvernement et de l'exécutif socialiste qui gère la capitale. Cible dans la cible, Anne Hidalgo, la candidate PS, dont elle harponne un programme "à tonalité libérale" qui prévoit "la grande braderie du patrimoine parisien", le recours à l'affichage publicitaire ou encore au "mécénat" pour pallier les manques de financement public.

Embaucher massivement

Face à "l'austérité", le Front de gauche valorise au contraire la dépense publique. Au menu : recruter 4.000 agents municipaux (près de 10.000 ont déjà été embauchés depuis 2001) pour assurer les services publics, en particulier dans les crèches et la propreté. "Dire que l'on veut étendre les horaires dans les bibliothèques ou créer 5.000 places en crèche tout en se soumettant à la politique d'austérité du gouvernement, c'est un mensonge", assure Danielle Simonnet, ciblant les deux candidates PS et UMP "finalement d'accord sur beaucoup de sujets".

Gratuité et services publics

Dans la même ligne, le Front de gauche propose la "remunicipalisation" des services publics, de la collecte des déchets aux parkings en passant par Vélib' et Autolib', dont la gestion est assurée respectivement par les groupes privés JC Decaux et Bolloré. Il prône l'extension de la gratuité dans les médiathèques, les musées de la Ville ou encore les cantines scolaires. Folie dépensière ? Non, répond la candidate. Qui rappelle le montant des "dépenses inutiles" sous l'ère Delanoë, la future tour Triangle dans le 15e (1,2 milliard d'euros), les Halles (1 milliard), l'installation de la vidéosurveillance (155 millions).

Elections municipales, solution nationale

Riche d'un budget de 8 milliards d'euros, la Ville de Paris peut-elle toutefois se permettre de telles dépenses ? La candidate Front de gauche ne s'en cache pas : outre un recours "beaucoup plus conséquent à l'emprunt" et une hausse de la fiscalité sur l'immobilier, les mesures qu'elle propose relèvent d'une "rupture" au niveau national. Savoir : récupérer avec les dents les 2 milliards d'euros que l'Etat doit à la Ville , augmenter les taxations sur les grandes entreprises (CVAE) et défendre une "révolution fiscale" pour rendre les impôts locaux "plus justes".

Le Parti de gauche, qui n'a jamais avalé le ralliement des communistes parisiens à Anne Hidalgo, mène une campagne décomplexée contre les socialistes. Hors de question de participer à l'exécutif en cas de victoire de la gauche. Mais au deuxième tour des élections, promis : le Front de gauche contribuera à "faire battre NKM" et la droite. En attendant, tous les coups sont permis.

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