Lille : Christian Decocq écarté de la liste UMP

Lille : Christian Decocq écarté de la liste UMP

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POLITIQUE – A 69 ans, le patron de l'UMP lilloise depuis 1995 a appris, mercredi dernier, qu'il ne ferait pas parti de la liste conduite par Jean-René Lecerf. En cause : une volonté de renouvellement en vue d'une opposition plus frontale face à l'omnipotence de Martine Aubry.

C'est un rebondissement retentissant à quelques semaines du premier tour des municipales. Contre toute attente, Christian Decocq, chef de file de l'opposition de droite lilloise depuis 1995, a été débarqué, mercredi dernier, de la liste tenue par Jean-René Lecerf , qui sera dévoilée ce mercredi.

Selon Christian Decocq, il avait pourtant reçu l'aval du candidat Jean-René Lecerf pour apparaître en 3e ou 5e position éligible. Ce que nie l'intéressé, qui affirme lui avoir proposé une 15e place. "C'est moi qui ai fait appel à Jean-René pour me succéder à travers un ticket commun réunissant nos forces, indique Christian Decocq à metronews. Aujourd'hui j'apprends que je suis poussé vers la sortie pour cause de renouvellement de génération. C'est dangereux de changer de stratégie au dernier moment. J'aurais apporté de nombreuses voix."

Poussé par la jeune garde

Dans les faits, cette figure politique de 69 ans a été poussé vers la sortie par la jeune garde de droite, représentée notamment par François Kinget ou David Hugoo. Ses propos parus dans la presse, évoquant un duo de tête, ont été la goutte d'eau. "Ils m'ont clairement dit : c'est lui ou nous, nous confie Jean-René Lecerf. Il a refusé la 15e place. J'ai beaucoup de respect pour Christian, mais il a longtemps hésité avant de repartir avec nous. Je souhaite un renouvellement avec des personnes jeunes et disponibles. Christian n'a pas participé à la campagne et n'était pas en règle avec les conditions d’éligibilité (être domicilié ou payer ses impôts à Lille, ndlr)."

Cette séparation illustre aussi la volonté de l'UMP lilloise d'opérer un changement de style, vers une opposition plus frontale envers Martine Aubry. Certains membres de l'équipe ont en effet reproché, tout haut, un style trop "sympa", sans que cela soit toujours réciproque lors des conseils municipaux. "Mon opposition pédagogique permettait d'attirer les modérés. Etre dans un positionnement dur, cela ne fonctionne pas à Lille. On l'a vu la dernière fois avec Sébastien Huyghe", estime Christian Decocq, qui se dit "fier" de ses longues années de travail au "service de la collectivité". 
 

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