Rigueur, islam, mondialisation, FN… comment Macron imagine "sa Révolution"

EXTRAITS - Une semaine après s'être déclaré candidat à la présidentielle, Emmanuel Macron présente sa vision de la France dans un livre-programme, publié jeudi 24 novembre. Son titre : "Révolution".

Emmanuel Macron est en marche pour faire la "Révolution". Rien que ça ! C'est en tout cas l'ambition qu'il porte dans son livre, en librairie jeudi 24 novembre. La veille de sa sortie officielle, Le Point en révèle quelques bonnes feuilles. On y découvre une réflexion générale sur notre époque mais aussi les contours d'un programme.

Le voile : "Trouver mieux que l'interdiction"

Si dans son ouvrage, Emmanuel Macron évoque sa grand-mère, cette enseignante "dévouée", "patiente", "optimiste", c'est pour parler de la question du voile et montrer son opposition à une interdiction : " Il me semble qu'elle (sa grand-mère) aurait déploré que la pression de l'obscurantisme empêche ces jeunes filles d'accéder au vrai savoir, celui qui est libre et personnel. Mais parce qu'elle avait voué sa vie à l'éducation des filles, et avait pu mesurer combien celle-ci n'allait pas de soi, même dans un pays comme le nôtre, je crois qu'elle aurait déploré que nous ne puissions rien trouver de mieux que l'interdiction, l'affrontement, toute cette hostilité si contraire dans sa nature à ce qu'il faut faire entrevoir", écrit le candidat à la présidentielle.

Rigueur ? Macron invoque Mendès-France

Si elle apporte plus de justice, alors une politique de rigueur économique peut se justifier, assure Emmanuel Macron dans son livre : "Nul plus que Pierre Mendès France n'avait le sens de la justice. Il s'est pourtant fait, en 1945, et contre le Général lui-même, l'apôtre de la rigueur budgétaire, parce qu'il voyait, au-delà des apparences, quels malheurs sociaux le laxisme peut causer", écrit Emmanuel Macron.

"Je consens volontiers à être qualifié d'homme de gauche"

Le candidat à la présidentielle en profite aussi pour balayer les critiques sur son positionnement libéral. "Si par libéralisme on entend confiance en l'homme, je consens à être qualifié de libéral. Car ce que je défends, en retour, doit permettre à chacun de trouver dans son pays une vie conforme à ses espérances les plus profondes." 


Il se place aussi en homme de gauche : "Mais si, d'un autre côté, c'est être de gauche que de penser que l'argent ne donne pas tous les droits, que l'accumulation du capital n'est pas l'horizon indépassable de la vie personnelle, que les libertés du citoyen ne doivent pas être sacrifiées à un impératif de sécurité absolue et inatteignable, que les plus pauvres et les plus faibles doivent être protégés sans être discriminés, alors je consens aussi volontiers à être qualifié d'homme de gauche. "

Combattre le FN, qui "manipule la colère" des Français

Face à la montée du Front national, la solution selon Emmanuel Macron n'est pas de crier au loup, mais plutôt d'aller chercher les électeurs qui votent pour protester ou par dépit. "Il faut leur reparler de leur vie. Donner du sens, une vision. Combattre ce parti qui manipule leur colère", insiste le candidat.


Selon lui, la révolution passe aussi par un renouvellement de la classe politique : "On ne peut, après chaque attentat ou chaque élection perdue, en appeler à l'union nationale, demander des sacrifices au pays et penser que la classe politique, quant à elle, pourrait conduire ses petites affaires comme elle l'a toujours fait. Ce serait une faute morale et historique. Et nos concitoyens le savent".

Sortir de la mondialisation : "c'est un mensonge coupable"

Un ancien banquier,  "ennemi de la Finance" ? Dans son ouvrage, Emmanuel Macron souligne les travers de la mondialisation : "Notre monde a donc, au fil des décennies, vu les logiques marchandes et financières prendre le dessus. Et les Etats sont devenus des bureaucraties qui tentent de résister ou d'accompagner cette réalité économique sans en avoir la pleine maîtrise", affirme-t-il. 


Mais pas question pour le candidat Macron de renverser la table : "Cette mondialisation des flux ne cesse de s'accélérer. Elle crée une interdépendance entre les nations, les entreprises, les centres de recherche. Pour autant, elles ne sont pas toujours négatives. Près de deux millions de Français travaillent dans des entreprises étrangères installées en France et plusieurs millions de nos concitoyens vivent grâce à l'exportation. [...] Ce serait mentir que de prétendre que nous pourrions sortir de cette mondialisation pour vivre mieux. C'est un mensonge coupable, car cette sortie ferait sans doute plus de victimes encore."

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