Pourquoi François Hollande a-t-il rendu visite aux francs-maçons ?

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LUMIÈRE – Ce lundi, François Hollande s’est rendu au siège du Grand Orient à Paris, une première fois sous la Ve République pour un chef d’Etat en exercice. Préoccupé par la progression inexorable du FN, il a délivré un message d’avertissement, invitant plus que jamais les francs-maçons à défendre la République.

Pour fêter ses 300 ans, la Franc-maçonnerie a reçu ce lundi la visite d’un hôte de marque au siège du Grand Orient en la personne de François Hollande. Si ce dernier s’était déjà rendu au 16, rue Cadet en 2011, c’est bien la première fois qu’un président de la République en exercice pénètre dans ce lieu historique. 


Outre la visite du musée de la franc-maçonnerie, le chef de l’Etat est surtout venu délivrer deux messages, un premier de remerciement et un second d’avertissement. François Hollande a expliqué que "le sens de sa présence" était "une démarche de reconnaissance pour ce qui a été apporté génération après génération" par les francs-maçons, dont le but de "rendre la société plus juste" et de "bâtir un monde plus fraternel".


Inquiet par la montée de l’extrême-droite, il s’est efforcé de souligner à quel point; "en ces périodes tumultueuses", les valeurs maçonniques pouvaient être précieuses. "Votre message est d’une grande actualité. Je ne dirais pas que les combats sont les mêmes mais en trois siècles finalement, ce sont toujours les mêmes valeurs qu'il nous faut promouvoir, organiser et défendre", a affirmé le président, citant la lutte contre l’obscurantisme, le fanatisme et le fondamentalisme ou encore l’égalité sociale.

On ne peut pas défendre la liberté si on contredit l’égalité. On ne peut pas défendre l’égalité si l’on s’écarte de la fraternité François Hollande

Puis il a défendu cette valeur "qui est chez vous presque naturelle même si elle est culturelle" à savoir la fraternité. "Ce n’est pas simplement une générosité personnelle qui fait qu’on accomplit presque solitairement ou anonymement un acte qui peut être salué mais qui ne suffit pas. La fraternité, c’est d’avoir un lien avec des personnes que l’on ne connaît pas ou que l’on ne connaissait pas jusqu’au moment où nous avons été confrontés au même moment aux mêmes épreuves", a-t-il dit. 


Sans jamais citer le Front national mais en laissant planer son ombre durant tous son discours, François Hollande a rappelé que "ce qui sépare, divise et oppose est contraire à cette valeur de fraternité". Pointant du doigt "ceux qui veulent capter ou voler ces valeurs", il poursuit : "On ne peut pas défendre la liberté si on contredit l’égalité. On ne peut pas défendre l’égalité si l’on s’écarte de la fraternité".

Hollande critique ceux "qui se servent de la laïcité uniquement pour stigmatiser une religion"

Enfin, il n’aurait pu terminer une telle intervention sans mentionner l’apport de la Franc-maçonnerie dans la naissance de la loi de 1905 sur la laïcité, jugeant d’ailleurs parfaitement inutile d’actualiser ce texte. "Il est très important de revenir, là aussi, au texte fondateur. De reprendre l’esprit qui était celui des législateurs de 1905 pour bien savoir ce que nous avons à faire aujourd’hui". 


Là encore, le nom de Marine Le Pen ne sera pas prononcé mais tout le monde comprend sans difficulté quelle menace est évoquée par François Hollande quand il critique ceux "qui se servent de la laïcité uniquement pour stigmatiser une religion mais qui s’empresse de l’oublier quand il faut défendre la neutralité de l’État et de son école". Soucieux de préserver "les idéaux, l’organisation et la manière avec laquelle la République considère l’être humain", il invite "chacun à prendre ses responsabilités". 


"On dit souvent que le mal se fait pas seulement par ceux qui le commettent mais par ceux qui se taisent devant des actes qui peuvent avoir ces conséquences", a conclu le François Hollande. Lui, au moins, aura évité cet écueil.

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