"Je ne comprends rien à ce que fait et ce que dit François Fillon" : Marine le Pen joue les perplexes

"Je ne comprends rien à ce que fait et ce que dit François Fillon" : Marine le Pen joue les perplexes

LE DOUTE L'HABITE - Interviewée sur le plateau de LCI ce mardi matin, la présidente du Front national Marine Le Pen ne s'est pas privée d'égratigner François Fillon, après sa conférence de presse de lundi.

"Je ne comprends rien à ce que fait et dis François Fillon", a asséné la présidente du Front national, qui était mardi matin invitée sur LCI. Pas convaincue par l'opération de communication de François Fillon de ce lundi, Marine Le Pen s’est fait un plaisir de pointer les inexactitudes du candidat Les Républicains… quitte à exagérer à certains moments. Décryptage, phrase par phrase. 

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L'affaire Penelope Fillon

L'attaque contre le système médiatique

 "Il nous expliqué qu’il ne voulait pas se soumettre au tribunal médiatique et il fait une grande conférence de presse pour nous dire quelque chose"

C’est en effet une des lignes de défense de François Fillon : l’attaque contre les médias, qu’il estime être à charge. "Je ne laisserai pas le tribunal médiatique me juger", a-t-il répété, devant des médias qu'il a convoqués pour s'expliquer. "Lyncher pendant dix jours un candidat à l'élection présidentielle comme vous l'avez fait, je pense que cela pose un problème démocratique", a-t-il également dit. Il évoque un "système", qui voudrait "décider du résultat à la place des électeurs", en imposant une confrontation entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

L'emploi de sa femme et la transparence

"Parallèlement, il explique que c’est parfaitement légal et qu’il n’y aucun problème, mais que cela ne correspond pas à l’évolution de la société telle qu’il l’a senti depuis [...] C’est là où il y a le mensonge, pour une raison simple : il a arrêté ce contrat [celui de sa femme, ndlr] juste quelques jours avant la mise en place d’une loi sur la transparence qui oblige à [le] rendre public."

La loi relative à la transparence de la vie publique, adoptée en 2013 après l’affaire Cahuzac, oblige en effet les élus et leurs collaborateurs à fournir une déclaration d'intérêts et une déclaration de situation patrimoniale. A l’époque, François Fillon est un des premiers à dévoiler publiquement sa déclaration de patrimoine. Sa déclaration d’intérêts avait ensuite été transmise à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique en janvier 2014. A la case des activités du conjoint : "collaborateur à la Revue des deux mondes". Penelope Fillon n’est mentionnée nulle part ailleurs. Et c'est bien normal : la carrère parlementaire de Penelope Fillon s'est arrêtée en 2013. Ce lundi, François Fillon a soigneusement oublié de mentionner le rôle que la loi a pu avoir dans la cessation de "ces faits légaux et transparents".

Les clients de la société de conseil

"Ce qui m’intéresse, moi, ce que j’aurais aimé savoir mais que les journalistes n’ont pas cru bon de creuser, c’est : qui sont les clients de sa société 2F conseil ?", questionne Marine Le Pen.

Là-dessus, François Fillon a fourni quelques noms sur ses activités de conseil : "L'assureur AXA, la société Fimalac et la banque ODDO [et] le cabinet Ricol et Lasteyrie". Il a en revanche nié tout lien avec une "entreprise russe, le gouvernement russe, ni aucun organisme de ce pays. Toutes les conférences que j’ai données en Russie l’ont été à titre gratuit". Si l'activité de François Fillon auprès de Ricol avait été révélée il y a une petite semaine par Mediapart, tous les autres noms avancés sont nouveaux. 

L'opération transparence amènera peut-être de nouvelles questions. Par exemple, comme l'ont déjà relevé certains journalistes, la société Fimalac est détenue par Groupe le groupe Marc Ladreit de Lacharrière. Et ce milliardaire, ami de longue date de François Fillon, possède, par ailleurs la Revue des deux mondes… elle aussi soupçonnée d’avoir fait bénéficier Penelope Fillon d’un emploi fictif. On peut aussi penser à l'assureur AXA, dont le patron n'est autre que... Henri de Castries, (très) proche conseiller du candidat.

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