Marseille : le chemin de croix des "petits candidats"

Marseille : le chemin de croix des "petits candidats"

MUNICIPALES – Face aux partis politiques traditionnels, les petites listes présentes aux élections municipales tentent de se faire une place. Avec leurs moyens.

C’est l’autre campagne des municipales. Bon nombre d’électeurs découvriront leurs noms dans les enveloppes officielles ou sur les bulletins le jour du vote. Eux, ce sont "les petits candidats". Ils ne sont pas encartés dans l’un des gros partis mais tentent d’exister le temps des élections face aux mastodontes comme Jean-Claude Gaudin ou Patrick Mennucci. Au soir du 6 mars, date de dépôt pour les listes électorales , la préfecture en a dénombré 4.

Peu ou pas présents dans le paysage politique local la plupart ne possèdent pas assez de candidats pour se présenter dans tous les secteurs. Autre point commun : leur nom mettant en avant la cité phocéenne. "Marseille, j’y crois" pour Alain Persia, "Marseille Ensemble" pour Lakbir Messas, "Marseille populaire" pour Omar Djellil. Seule exception à la règle, la candidature d’Elisabeth Saïd dans le 3e secteur avec sa liste baptisée : "une qualité de vie pour tous".

Une candidature "symbolique"

Élue en 2008 au conseil municipal sous l’étiquette socialiste, cette jeune femme de 34 ans s’est avant tout fait connaître en septembre dernier en votant le budget contre l’avis de son parti avant d’en être exclue. Déterminée à poursuivre son engagement politique, elle décide de mener sa propre liste. "Très cosmopolite pour promouvoir la diversité", résume-t-elle.

Honnête, elle ne se fait pas trop d’illusions. "C’est plus symbolique qu’autre chose, j’aimerais juste que mon message soit diffusé". Reste encore à en avoir les moyens. "Je manque de temps, de budget, de local", souffle-t-elle avant de se reprendre : "Mais bon, on s’accroche, on fait du porte-à-porte. D’ailleurs votez pour moi, ça me fera une voix !"

Un poil plus ambitieux, Alain Persia vise, lui, les 5 % dans l’un des 3 secteurs où il présente sa liste. "Si ça marche, on sablera le champagne dit-il en souriant, ce serait même un tremblement de terre." Un scénario lui permettant "de peser" au deuxième tour pour fusionner ces listes. Reste encore à faire connaître son programme "avec un versant écologique et des propositions concrètes". Sans local, le seul moyen est d’aller à la rencontre des gens. "On fait le trottoir", traduit Alain Persia, jamais avare d’un bon mot pour résumer son message : "Faites un tri sélectif de vos élus, votez pour nous !"
 

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