Marseille : Pape Diouf et ses règles du jeu pour les municipales

Marseille : Pape Diouf et ses règles du jeu pour les municipales

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MUNICIPALES - La tête de liste du mouvement "changer la donne" s'efforce de ne rien faire comme les autres et cultive l'art du mystère. Où en est la campagne électorale de cet outsider arrivé sur le tard ? Rencontre.

Hier journaliste sportif puis président de l’OM, Pape Diouf est désormais lancé dans la course à la mairie de Marseille avec sa liste "ensemble pour changer la donne". Son but initial était de casser les codes du politicien pour  "faire revenir les Marseillais dans le giron de la politique" . Fidèle à cet angle d’attaque, le candidat refuse les appels du pied des socialistes puis s’entoure de représentants de la société civile pour constituer ses listes avant de signer une charte sur la transparence, les bonnes pratiques de gestion et le non-cumul des mandats.

Pourtant, et c'est là tout le paradoxe, à l’heure des questions et des explications avec les journalistes, Pape Diouf manie l’art de l’esquive comme le plus habile des politiciens. Ce vendredi, à l’heure de poser pour la photo de famille près du vieux port, l’homme est détendu et chaleureux autour de ses colistiers.

"Changer la donne, c'est être de gauche"

Pourtant, la méfiance rode quand il s’agit d’aborder les éventuelles consignes de vote pour le second tour : "Si vous êtes là au soir du premier tour, vous le saurez. Pourquoi anticiper comme ça ?" s’étonne Pape Diouf avant de revenir sur la sensibilité politique de son mouvement. "Si être humaniste, entreprendre une démarche qui ne concerne que les Marseillais et changer la donne c’est être de gauche alors oui nous sommes de gauche" déclare Pape Diouf au pied de la mairie. Un signal ?

L’ancien patron de l’OM balaye sèchement l’idée.  "L’ambition c’est les autres qui la nourrissent. Nous n’avons pas de positions à défendre".

"Vous voyez comme on est zen"

"Habemus papam" (nous avons un pape) aime plaisanter la tête de liste UMP Jean-Claude Gaudin. Cette candidature Diouf, le maire sortant la voit d’un très bon œil puisqu’elle handicape son rival socialiste Patrick Mennucci . Pape Diouf serait crédité d’environ 5 % de voix. Difficile également d’en savoir plus sur ses rapports présumés tendus avec la liste socialiste . "Pourquoi celà ? S’amuse Pape Diouf. Notre objectif n’est pas de tirer à vue sur qui que ce soit ou mettre en place des pièges. Non ! Les boules puantes, on ne sait même pas où ça se vend".

Une campagne menée l’esprit léger malgré une entrée tardive dans la course ? Une gageure. C’est pourtant le signal envoyé par Pape Diouf. "Vous ne voyez pas comme on est zen ! Nous ne courrons pas après le temps, c’est vous qui le faites avec vos questions" s’agace gentiment le candidat. Pape Diouf reconnaît pourtant qu’un mauvais score le 23 mars serait le résultat d’un "manque de pédagogie ou de temps" pour faire passer son message.

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