Meeting de Lutte ouvrière : Nathalie Arthaud cible Mélenchon et le PCF, "complices" du "système"

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A LA PECHE AUX MILITANTS - En meeting à Paris, la candidate de Lutte ouvrière, Nathalie Arthaud, a attaqué ce vendredi soir la "gauche de la gauche" et en particulier Jean-Luc Mélenchon, "apôtre du souverainisme". Un appel direct aux électeurs de ce dernier.

La "gauche de la gauche de la gauche" entre en course. Ce vendredi soir, au Cirque d'Hiver (XIe arrondissement de Paris), la candidate de Lutte ouvrière, Nathalie Arthaud - 0.56% des voix en 2012 - a donné le coup d'envoi de sa campagne. Elle a longuement ciblé les candidats "de la bourgeoisie", Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy et François Hollande, leur " le "petit jeu à trois" et leur campagne "sécuritaire" et "infecte".


Mais celle qui a succédé à Arlette Laguiller dans la représentation du mouvement a également livré une attaque en règle à "la gauche de la gauche", à savoir le Front de Gauche. L'objectif : capter ce potentiel de 3.9 millions d'électeurs qui s'étaient portés sur Jean-Luc Mélenchon il y a cinq ans. "Le PCF propose de trouver un bon candidat de gauche, et peut-être même Arnaud Montebourg, alors que les travailleurs ont compris qu'ils avaient autant d'ennemis à gauche qu'à droite", a-t-elle lancé. "Les perspectives du PCF sont fonction des alliances électoralistes, ce sont des calculs stériles, illusoires et démoralisants pour ses propre militants", a-t-elle ajouté. Verdict : "Ce parti est intégré au système et se fait complice de la lutte contre les ouvriers."

Le fondateur du Parti de gauche a concentré ses critiques. En cause : les propos tenus en juillet par Jean-Luc Mélenchon sur les travailleurs détachés de l'Union européenne qui "volent leur pain aux travailleurs qui se trouvent sur place". Des mots qui avaient suscité un tollé avant les vacances, le candidat à la présidentielle ayant été accusé de braconner sur les terres du Front national. Pour Nathalie Arthaud, ces arguments "détournent les ouvriers des sources du chômage" :

Opposer les pays les uns aux autres, c'est opposer les travailleursNathalie Arthaud

"Jean-Luc Mélenchon défend une politique pour la France", accuse encore la candidate LO, "comme s'il pouvait y en avoir une seule pour le patronat et pour les travailleurs". "Comme Le Pen et Dupont-Aignan, il se fait l'apôtre du souverainisme. Nul besoin de Bruxelles : Alstom et PSA, ce sont des capitalistes bien de chez nous". 


Pour Arthaud, Mélenchon, c'est enfin "la bonne soupe réformiste", à la façon d'Alexis Tsipras, le Premier ministre grec, qui "a fini par s'aplatir sous le diktat de la finance". On l'aura compris, pour Lutte ouvrière, "ces élections ne changeront rien", mais elles "peuvent contribuer à petite échelle à construire un parti des travailleurs". Les militants déçus de Jean-Luc Mélenchon et du Parti communiste seront bienvenus pour gonfler les rangs clairsemés de Lutte ouvrière.

L'Elysée, Matignon, ni Arlette Laguiller ni moi n'en avons jamais rêvé. Nous voulons renverser ce systèmeNathalie Arthaud

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