"Assassinat de Rémi Fraisse" : accusé par Mélenchon, Cazeneuve porte plainte

ÉLECTIONS LÉGISLATIVES 2017
GUERRE DES NERFS - L'ancien ministre de l'Intérieur, aux avant-postes au moment de la mort du jeune homme, tué lors d'une manifestation à Sivens à l'automne 2014, a annoncé son intention de porter plainte pour diffamation contre le leader de la France insoumise.

Entre l'ancien Premier ministre et celui qui aspire à l'être à l'issue des élections législatives, l'étincelle a depuis longtemps mis le feu aux poudres. Les deux hommes se livrent un combat à distance sans pitié pour discréditer l'autre et, dans un camp comme dans l'autre, on ne mesure pas trop l'intensité des mots. Depuis des jours, en effet, Jean-Luc Mélenchon et Bernard Cazeneuve s'invectivent à distance. Le coeur de la dispute ? La mort dramatique en octobre 2014 de Rémi Fraisse, jeune militant anti-barrage de Sivens, tué après qu'un gendarme mobile avait lancé en sa direction une grenade, alors que Bernard Cazeneuve était ministre de l'Intérieur.

Rémi Fraisse, le drame du passage de Bernard Cazeneuve place Beauvau

En meeting à Marseille, le 24 mai, le candidat dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône a eu des mots particulièrement durs à l'égard de l'ancien chef du gouvernement. "Comment il s'appelle, là, le dernier, que son nom m'échappe, qui était Premier ministre ? Comment vous l'appelez ? Oui, Cazeneuve, le gars qui s'est occupé de l'assassinat de Rémi Fraisse." 

Les propos, qui avaient déjà fait l'objet d'une réponse de l'ancien ministre la semaine passée, ont eu une nouvelle vie après la diffusion d'un documentaire sur France 5, dimanche 28 mai. Le PS comme Bernard Cazeneuve n'ont pas attendu longtemps avant de répondre. Si le parti de Solférino a souligné le caractère diffamatoire des déclarations, Bernard Cazeneuve, de son côté, a annoncé son intention de porter plainte dans un communiqué : "Parce que je crois que le débat d'idée implique du respect et doit prévaloir sur l'invective, la manipulation et le mensonge, j'ai décidé de porter plainte contre Jean-Luc Mélenchon pour diffamation."


En 2014, après le drame, l'ex-premier flic de France avait déjà vu les reproches lui tomber dessus. "Manque de coeur et d'empathie", "réaction extrêmement tardive", alors que la thèse d'une bavure policière tient toujours la corde chez les opposants au projet et leurs soutiens, tandis que le défenseur des droits a dédouané, en décembre 2016, l'auteur du tir de grenade.

Invectives sur fond de campagne

La diatribe du leader de la France insoumise était aussi une réponse aux accusations de Bernard Cazeneuve à son égard, coupable, selon lui, d'avoir fait monter l'extrême droite en n'appelant pas "clairement à voter pour le candidat républicain contre Marine Le Pen". Si l'intéressé n'a jamais appelé à voter pour Emmanuel Macron, il avait appelé clairement, dans l'entre-deux-tours, à ne pas donner "une seule voix à l'extrême droite". 


Le 24 mai, Jean-Luc Mélenchon avait également critiqué la gestion des manifestations, notamment contre la loi Travail, du pouvoir, avec l'ex-maire de Cherbourg toujours au centre des accusations : "Le gars qui a fait gazer, matraquer, toutes les manifestations et qui prend maintenant sa tête de petite sainte-nitouche pour dire que c'est moi qui ne sais pas choisir entre le Front national et je ne sais qui."


Les deux responsables, chefs de file respectifs de leur mouvement pour les législatives, s'invectivent alors que la gauche est en pleine recomposition dans cette campagne. Pour la première fois, le mouvement mené par Jean-Luc Mélenchon est susceptible de passer devant le Parti socialiste dans ce scrutin. Donné à 15% des voix dans les sondages, il a pris le dessus sur le PS, donné à 9 à 10%.

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Jean-Luc Mélenchon, l'"insoumis"

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