L'alliance Hamon-Mélenchon, la question qui occupe les esprits mais pas les meetings

DISCUSSION - Cette semaine, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon ont évoqué un possible rapprochement. Pourtant, pendant leurs meetings respectifs ce dimanche, la question a été éludée.

Ils ont tout de deux adolescents que leurs amis poussent dans les bras l'un de l'autre mais hésitent à franchir le pas. Jean-Luc Mélenchon est prêt à "discuter", à "travailler" avec Benoît Hamon. Il l'a tweeté à plusieurs reprises cette semaine, s'étonnant également sur le plateau de TF1 que le candidat socialiste ne l'ait pas encore appelé. La main est tendue "sous conditions", précise-t-il dans une interview parue dans Le Parisien ce dimanche. De son côté, Benoît Hamon a souligné dès son élection et tout au long de sa campagne que la discussion avec Jean-Luc Mélenchon était incontournable. Bref, tout semble réuni pour que les deux hérauts de la gauche pour la présidentielle entament des négociations. Mais alors, pourquoi le candidat de la "France insoumise" a-t-il complètement éludé la question lors de son double meeting à Aubervilliers et Lyon ?

Mélenchon, la porte ouverte "sous conditions"...

Contacté par LCI.fr, Eric Coquerel , fidèle lieutenant de Jean-Luc Mélenchon, l’affirme, le discours d’aujourd’hui "devait porter sur le fond". "Ça avait été prévu à l’avance de ne parler que du fond, de la civilisation, de l’innovation et du programme", reconnait l’intéressé. Même si Jean-Luc Mélenchon n’a pas évoqué Benoît Hamon dans son discours, le message délivré dans l'interview du Parisien reste le même. "Nous ne voulons pas travailler avec d'anciens ministres dont nous essayons de supprimer les lois", martèle Eric Coquerel.


Pourtant, la porte reste à la discussion. La preuve, fait remarquer le conseiller, "si vous regardez bien son discours, Jean-Luc Mélenchon a attaqué ses trois principaux adversaires : Emmanuel Macron, Marine Le Pen et François Fillon". En effet, le candidat de "France insoumise" a beaucoup tapé sur ses adversaires mais le seul à ne pas en prendre pour son grade, c’est Benoît Hamon. Un signe pour les prochains jours, seul l’avenir nous le dira.

... qui pourraient refroidir Hamon

Le soir de sa victoire à la primaire PS, Benoît Hamon avait appelé à la discussion entre lui, Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot. Un appel du pied qui avait suscité de la perplexité chez un certain nombre de vallsistes, qui ont commencé depuis à migrer vers Emmanuel Macron. Depuis, la situation n’a pas vraiment bougé, comme le dit Jean-Luc Mélenchon au Parisien : "Il ne m’a pas appelé […] il n’a pas eu une minute pour moi".


Devant les pontes du Parti socialiste (pas tous), réunis ce dimanche pour son investiture, pas question pour Benoît Hamon de parler de discussion avec Jean-Luc Mélenchon. Le candidat a d’abord "une responsabilité énorme, celle de rassembler", alors que nombre de sympathisants de l'aile droite du PS souhaitent exercer leur droit de retrait pour ne pas participer à sa campagne. Ce discours devait aussi "servir à dérouler son idée pour la France et son programme", nous confie Laura Slimani, proche de Benoît Hamon et présidente des MJS. 

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Benoît Hamon investi, Valls et Cazeneuve absents

Si la question du rassemblement autour d’un projet commun n’est pas écartée - "il faut voir qui a la meilleure dynamique" -, concède Laura Slimani, Benoît Hamon y a tout de même mis un coup d’arrêt. Dans Le Parisien, Jean-Luc Mélenchon affirme ne pas vouloir travailler avec le champion du revenu universel s’il investit "député-e-s PS les Touraine, El Khomri, Valls dont nous voulons abroger les lois". Face à un parterre de socialistes, Benoît Hamon lui a répondu : "Le rassemblement, ça ne commence pas par le fait d'exiger des têtes".


Si la discussion semble possible, pour l'instant, elle semble mal embarquée.

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Benoît Hamon, candidat du PS à la présidentielle

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