Metz : Dominique Gros (PS), le mandat d'après sans "complexes"

Metz : Dominique Gros (PS), le mandat d'après sans "complexes"

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MUNICIPALES - Dominique Gros, premier maire socialiste de l’histoire de la ville de Metz, se présente pour un second mandat. L’homme a gagné en assurance.

Dominique Gros, 71 ans, n’est plus le même. Le politique est resté fermement campé sur ses convictions socialistes et ses principes de catholique pratiquant. Mais l’homme a changé. L’opposant respectueux, parfois hésitant, de Jean- Marie Rausch, premier magistrat centriste de Metz, indétrônable depuis plus des 40 ans, s’est mué en maire sûr de son fait, arborant par tous les temps un chapeau très mitterrandien et ayant gagné en assurance, "jusqu’à l’arrogance" soufflent ses opposants.

"Après six années à ce poste de décision, on se débarrasse des complexes que l’on peut avoir ici et là", reconnait Dominique Gros, autrefois professeur de mathématiques, puis ingénieur à l’agence de l’eau, qui lui laissé le champ libre pour mener sa vie de principal opposant pendant les années Rausch qui avaient un goût d’éternité. Dominique Gros compensait alors son manque de charisme par son application à travailler les dossiers, même les plus fastidieux, sa passion de Metz, condition sine qua none pour s’imposer ici et une image d’honnête homme.

Premier maire socialiste de l'histoire de Metz

Conseiller général, il ne rêvait que de la mairie et personne, pas même lui, ne lui prédisait un destin national. Certains y voyaient la modestie de l’élu local, d’autres moins bien intentionnés décrivaient une absence d’envergure. En 2008, Dominique Gros était contesté jusque dans son propre camp, notamment pas Pierre Bertinotti, haut fonctionnaire brillant, ex époux de l’actuel ministre de la famille, qui, mal lui en a pris, a rallié in extremis la liste Rausch. Dominique Gros a néanmoins créé la surprise en s’engouffrant dans les divisions chroniques de la droite messine, alimentées par la rancœur de tous ceux qui se sont vu, un temps, calife à la place du calife.

Le mandat de Dominique Gros, premier maire socialiste de l’histoire de la ville, a débuté dans les sillons tracés par son prédécesseur qui lui a donné les clés une jolie ville de province, parfaitement gérée, un tantinet assoupie mais à l’aube d’accueillir la première décentralisation du centre Pompidou parisien.

Dominique Gros devait simplement transformer l’essai. Ce qu’il a fait, même si aujourd’hui le nouveau phare culturel lorrain essuie ses premiers grains, avec une baisse de la fréquentation et un budget déficitaire de plus d’un million d’euros. L’enjeu de son premier était clairement le chantier du Mettis, réseau de transport en commun en site propre qui faisait défaut à l’agglomération messine. Le Mettis ne révolutionne pas la vie de la cité, mais fonctionne correctement après les grincements de dents d’usage. Le premier mandat de Dominique Gros n’a pas vu de réussite spectaculaire, ni d’erreur pénalisante. Cela pourrait suffire dans Metz la légitimiste.

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