Mohamed Saou, l'homme qui donne au FN et aux Républicains une nouvelle occasion d'attaquer Emmanuel Macron

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POLÉMIQUES - Le grand public ne connaît pas Mohamed Saou. Mais depuis qu'Emmanuel Macron a parlé de lui ce vendredi matin sur Beur FM, le FN et les Républicains crient au scandale. Pourquoi ? LCI vous explique.

Ce vendredi matin sur Beur FM, Emmanuel Macron est revenu sur le cas de Mohamed Saou, référent d’"En Marche !" dans le Val d’Oise. A cause de ses supposés liens avec le CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France) et le Parti des indigènes de la République, il y a quelques jours il a été écarté du mouvement, et ce jusqu’à la fin de la campagne. 

"Mohamed Saou est un citoyen plein et entier. C’est un responsable plein et entier. Je le respecte. J’admire le travail qu’il a fait. Mais en même temps, il a des responsabilités. Et les messages qu’il a mis sur internet, ce sont des messages qui ont une part de gravité, qui ont touché des gens. Dire ‘Je ne suis pas Charlie’, c’est un message qui blesse aussi des gens et donc oui, il fera l’objet de la procédure comme tout militant. Il est mis en réserve, il n’est pas destitué de ses fonctions, il est référent mais ne participe pas à la campagne. Et le comité d’éthique, qui est compétent sur le sujet, ce qui n’est pas moi, traitera son cas" a d'abord déclaré le candidat. Avant, dans un échange inaudible à la radio mais visible sur le Facebook live de l’émission, de tenir les propos suivants : "Nan, mais il a fait un ou deux trucs un peu plus radicaux. C’est ça qui est compliqué. Mais à côté de ça, c’est un type bien. C’est un type très bien, Mohamed. Et c’est pour ça que je ne l’ai pas viré."

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Des propos dont se sont emparés le Front national et Les Républicains, qui accusent Emmanuel Macron de complaisance avec l'islam radical. "Non M. Macron, on ne peut pas être adepte de l'islam radical et 'un type bien'" a affirmé la présidente du FN dans un tweet. La candidate à la présidentielle est revenue sur cette polémique samedi, lors de son meeting à Perpignan, accusant Emmanuel Macron d'être le représentant de "l'islamisme en marche" :

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Les réactions se sont également multipliées à droite. "Communautarisme : Emmanuel Macron encore une fois dans une ambiguïté plus que gênante" a tweeté Bruno Retailleau.  Quant au député Eric Ciotti : 

Emmanuel Macron a réagi sur Twitter : "Je ne jouerai le jeu ni du Front national qui voulait sa tête, ni de l'extrême gauche qui défend le communautarisme".

Des post anti-Charlie et pro-Erdogan

Mohamed Saou a été mis à l'écart du mouvement "En Marche !" pour certaines de ses positions exprimées sur les réseaux sociaux. Il lui est notamment reproché d'avoir publié plusieurs post Facebook jugés polémiques, comme "Je n'ai jamais été et je ne serai jamais Charlie" en septembre 2016. En septembre 2015, il avait également partagé un post de Marwan Muhammad, président du CCIF. L'été dernier, il avait appelé Manuel Valls à démissionner  s'il n'était "pas d'accord avec les décisions du Conseil d'Etat"  sur le burkini. Au lendemain de la tentative de coup d'Etat en Turquie, il avait soutenu Recep Tayyip Erdogan, "quelqu'un qui a fait pour les réfugiés plus que tous les autres pays réunis".

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