Montebourg prône un service militaire : et le sien, c'était comment ?

Élections Européennes 2019

GARDE A VOUS - Le dernier candidat à la présidentielle en date propose de rétablir un service national, civil ou militaire, obligatoire de six mois. Lui-même a fait ses classes. Et ça lui a plu.

L'idée est en vogue et Arnaud Montebourg n'a pas manqué de la réhabiliter. Après Nicolas Sarkozy, qui voulait imposer le service militaire (aboli par Jacques Chirac en 1995) aux jeunes "décrocheurs", le candidat à la primaire de gauche s'est prononcé pour le rétablissement d'un service "civil et militaire" de six mois, obligatoire, pour les hommes comme pour les femmes. Cela permettrait, estime-t-il, de "réapprendre la camaraderie" mais aussi de "soulager nos forces armées", particulièrement sollicitée face à la menace terroriste.

Une expérience épanouissante

D'où cette question toute naturelle : Arnaud Montebourg a-t-il lui-même fait ses classes ? Et comment cela s'est-il passé ? Plusieurs biographies de l'ex-ministre de l'Economie retracent sa jeunesse et abordent brièvement cet épisode de sa vie. Oui, le nouveau hérault de "l'autre gauche" a fait son service militaire. Mais si, pour beaucoup de Français ayant accompli leurs classes, ce moment est synonyme de courses d'endurance dans la boue, à l'aube et par un froid glacial, lui-même a quelques raisons d'en garder un bon souvenir. 

Parmi les ouvrages qui lui sont consacrés, Montebourg : Moi, président, du journaliste Valentin Spitz (L'Archipel, septembre 2014), évoque ce passage de sa jeunesse. On y apprend ainsi qu'à 23 ans, tout juste diplômé de Science Po, le jeune militant à Espace 89, un club de soutien à Laurent Fabius, est logiquement rattrapé par ses obligations militaires. 

La vie au grand air

Il est affecté en décembre 1985 à Fontainebleau, au sein de la classe 85/12 du 120e régiment du train. Le régime de caserne lui réussira. D'après l'ouvrage que nous citons, l'étudiant parisien en baskets y découvre la vie "au grand air" et y passe des "semaines assez heureuses". Au programme : il fait "beaucoup de sport, prend goût à la course à pied – habitude qu'il conservera – et découvre à cette occasion qu'il est doté d'un cœur solide et d'une bonne résistance physique". Selon un camarade de chambrée, "c'était un emmerdeur né", qui faisait "le malin" et, par un grand mystère, il a "gagné le droit de garder ses éternelles baskets aux pieds, en lieu et place des rangers de rigueur". 

Surtout : Arnaud Montebourg ne passera que deux mois au "grand air". Après : retour à Paris, direction le XXe arrondissement, à la caserne Mortier, qui a l'avantage d'être "pas loin de son studio". Il y occupera un standard téléphonique. Avant de terminer son service militaire bien loin des terrains d'entraînement. En tant qu'étudiant de Science Po, il sera affecté directement au ministère de la Défense, au cabinet du ministre, où il sera chargé de préparer la revue de presse et de rédiger quelques discours de remise de médaille. On reconnaîtra qu'il y a pire, comme expérience du service militaire. 

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