Montpellier : Jean-Pierre Moure, le petit maire veut devenir grand

Montpellier : Jean-Pierre Moure, le petit maire veut devenir grand

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MUNICIPALES - Jean-Pierre Moure, président de la communauté des communes certes, est surtout maire d’une commune de 2566 âmes très endettée. Pourra t-il administrer la 8ème ville de France ?

Jean-Pierre Moure, 65 ans, président de Montpellier Agglomération, désigné par les militants socialistes des dix sections de Montpellier pour conduire la liste PS est un rural : depuis 1986, il est maire de Cournonsec, un village d’environ 2800 habitants à l’ouest de la capitale régionale. "Un maire d’un petit village peut-il gérer la 8ème ville de France ?", s’était ainsi interrogée la maire sortante, l’anesthésiste Hélène Mandroux . C’était lors de la primaire interne, bien avant qu’elle accepte de le soutenir officiellement. On l’a enfin vu poser pour la télé et les photographes vendredi 7 mars à côté de Jean-Pierre Moure et du président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone, venu le soutenir.

A Cournonsec, il laisse une gestion très critiquée, avec des statistiques incontournables : en 2011, l’endettement par habitant culminait à 2249 euros, contre 706 euros dans les communes de même taille. "C’est la commune la plus endettée de l’agglomération, c’est mauvais signe", relève Philippe Saurel, chirurgien dentiste candidat dissident et pire ennemi de campagne. Jean-Pierre Moure n’épargne ni Hélène Mandroux, ni Philippe Saurel à travers sa citation préférée : « Je ne viens pas vous proposer des antidépresseurs, je ne suis ni anesthésiste, ni dentiste »…Le petit maire a quand même fait un cadeau à ses villageois avec le projet d’extension de la ligne 2 du tramway de Montpellier jusqu’à Cournonsec…

Unlimited, un gaspillage ?

L’autre controverse, c’est la marque Unlimited, une opération de communication pour promouvoir les projets de Montpellier Agglomération. « 5 millions d’euros de budget, c’est un gaspillage scandaleux en période de crise » dénonce Francis Viguié, élu du Front de Gauche qui ne s’allie pas au PS-EELV-PC au premier tour.

Et puis, il y a ce teigneux d’avocat de contribuables, Olivier Taoumi qui multiplie les plaintes pour des marchés publics présumés illégaux. "C’est toujours la même société de communication qui obtient les contrats juteux", accuse t-il. L’équipe de Jean-Pierre Moure dément tout copinage et assure ne pas craindre l’enquête confiée aux policiers du SRPJ par le nouveau procureur. Les investigations sont en cours et sont entourées d’un luxe de discrétion.

Défis

Venu sur le tard en politique, au PS – à 34 ans –, après une carrière de cadre supérieur à La Poste, Jean-Pierre Moure est l’homme des défis. Son dada, c’est la géographie, l’aménagement du territoire et l’intercommunalité. S’il s’installe dans le fauteuil de maire de Montpellier, il aura l’ambition de créer la Métropole avec une deuxième gare LGV, d’autres lignes de tramway, un projet de Montpellier à la mer.

Avec son équipe, il ambitionne de répondre aux attentes des Montpelliérains avec des promesses sur la sécurité, la propreté, le chômage, l’environnement. Son atout : en numéro deux figure Julie Frêche, une des cinq filles de feu Georges Frêche. A sa mort, c’est Jean-Pierre Moure qui l’a remplacé comme président de Montpellier Agglomération. Il a été élu avec 82 voix sur 90. Donné victorieux dans les sondages, le petit maire qui veut devenir grand rêve d’un pareil plébiscite des citoyens. Mais, si Montpellier bascule à droite, il perdra tout. Surtout son plus grand défi.

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