Montpellier : le front anti Saurel rallie le PS et l'UMP

Montpellier : le front anti Saurel rallie le PS et l'UMP

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MUNICIPALES - La division sur les fronts de gauche à Montpellier va-t-elle finalement profiter à Jacques Domergue, tête de liste UMP-UDI ? Le candidat de droite ne ménage pas le dissident Philippe Saurel.

Montpellier devrait rester à gauche, de justesse, mais si la huitième ville de France basculait à droite, ce serait la faute à qui ? A Solférino, les pontes du PS et des ministres qui n’ont rien pu faire pour recoller les morceaux entre Jean-Pierre Moure, tête de liste PS-EELV-PC-PRG et le dissident Philippe Saurel (DVG-Centre) ne décolèrent pas. Saurel avait pourtant prévenu, pas question d’arrangements au second tour, ni avec le PS, ni avec l’UMP-UDI Jacques Domergue, qui lui faisait des appels du pied.

Philippe Saurel fait donc cavalier seul avec déjà un réservoir de 22,9 % des voix. Question : à qui profiteront les reports de voix du Front de Gauche et des petits partis satellitaires ? Muriel Ressiguier (FDG) n’a pas réussi, non plus, à trouver une entente avec Moure et Saurel pour le second tour.

Mariage forcé

Le refus d’alliance de Philippe Saurel avec Jean-Pierre Moure s’est noué en vingt petites minutes lors d’une rencontre très froide, au lendemain du premier tour, à cause de la condition irrévocable affichée par le candidat socialiste : rester tête de liste au second tour. Pourtant, conscient de son faible score (25,2 %), Jean-Pierre Moure était prêt à faire un geste immense pour faire aboutir ce mariage forcé et il était même d’accord pour laisser la mairie à Philippe Saurel.

Las, le dissident a trouvé "inacceptable que M.Moure veuille mener la liste dimanche ». Dans la foulée, il a annoncé que s’il était élu, c’est Max Lévita, l’actuel adjoint en charge des finances dans l’équipe d’Hélène Mandroux, la maire sortante qui serait président de la communauté d’agglomération. "Il a pris la grosse tête, il a un ego surdimensionné, il était numéro 2 sur la liste au second tour avec le fauteuil de maire acquis et avec Jean-Pierre Moure restant président de l’Agglo, c’était simple et on gardait la ville, eh bien, non.

Philippe Saurel critiqué

"Si Montpellier bascule à droite, ce sera à cause de Philippe Saurel", accuse un député PS, très remonté. "Si la droite passe, il faudra chercher du côté des erreurs de casting de Solférino et de la fédération du PS de l’Hérault qui ont imposé la primaire interne militante pour barrer la route à Hélène Mandroux et à Philippe Saurel. Tout a été fait pour favoriser la candidature du président de l’Agglo. Une primaire citoyenne aurait relégué Jean-Pierre Moure dans son village surendetté de Cournonsec", répond, cinglant, Abdi El Kandoussi, le directeur de campagne du dissident.

Qui a les oreilles qui sifflent encore plus depuis hier, car Jacques Domergue est monté, lui aussi, au créneau. "Nous avons eu des tractations secrètes avec Philippe Saurel pour une fusion au second tour entre sa liste DVG-Centre et celle UMP-UDI que je conduis, toutes les conditions étaient réunies, il n’y avait plus qu’à signer, M.Saurel a finalement hésité et il a dit non. Le seul blocage était la présence de Max Lévita, un cacique du PS qui parlait au nom de Philippe Saurel",  regrette, très amer, Jacques Domergue : "J’étais d’accord pour que M.Saurel soit tête de liste, il prenait la mairie, moi la présidence de l’Agglo, aucun logo des partis pour finaliser cette liste citoyenne, il a refusé, je dis que M.Saurel est un irresponsable. Il a trompé les Montpelliérains, car, il se situe dans un règlement de comptes avec sa bête noire, Jean-Pierre Moure." Cette charge spectaculaire de Jacques Domergue en a surpris beaucoup, surtout dans son camp : ce "tous contre Saurel" pourrait finalement permettre au candidat UMP-UDI de voler le fauteuil de maire au PS !

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