Municipales 2014 : bataille à gauche à Saint-Denis

Municipales 2014 : bataille à gauche à Saint-Denis

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POLITIQUE - À l'occasion des élections municipales, les étudiants du Celsa scrutent pour metronews le programme des candidats d'une dizaine de villes d'Île-de-France. Aujourd'hui, focus sur Saint-Denis (Seine-Saint-Denis)

Saint-Denis est une des villes d'Île-de-France où le débat se joue le plus à gauche. Le maire communiste sortant Didier Paillard défend un bilan marqué par une forte action sociale, tandis que ses concurrents, de gauche comme de droite, l'attaquent sur les problèmes d'insécurité. Côté transports, les candidats rivalisent d'imagination pour soulager un réseau complètement saturé.

> Emploi : l'arrivée d'entreprises, c'est bien, le développement d'entreprises locales, c'est mieux

La plupart des candidats promettent des services d’accompagnement à la recherche d’embauche, dans cette ville qui doit faire face à 22 % de taux de chômage.

Mais pour Georges Sali (PSG), il faut aussi imposer aux grandes entreprises d’embaucher local. Même combat pour Houari Guermat (UDI-UMP) qui propose la création d’un partenariat public-privé pour que les entreprises de la ville forment et recrutent les demandeurs d’emploi dionysiens. 

D’autres voient plutôt l’avenir de l’emploi dans les PME. Mathieu Hanotin (PS) prévoit d’offrir des surfaces de bureau à prix réduits ainsi qu’un fonds d’investissement pour ces dernières, tandis que Didier Paillard (FDG) envisage la création d’une société publique locale maîtrisant 100 locaux commerciaux loués à des prix avantageux. Stanislas Francina (DVD) fait encore plus fort en promettant des loyers gratuits aux PME et PMI recrutant des Dionysiens.

Du côté des emplois aidés, le candidat socialiste créerait 200 emplois d’avenir dans les services municipaux et le maire sortant Didier Paillard consacrerait 10 % du montant des marchés publics à la création d’emploi d’insertion.

> Logement : Paillard veut créer des logements pour les jeunes quittant le domicile familial

Mission transparence pour le candidat socialiste, Mathieu Hanotin. Pour lui, les critères d’attribution des logements sociaux doivent être clarifiés et chaque demandeur devrait pouvoir suivre son dossier en ligne. Houari Guermat (UDI-UMP) promet de les réserver exclusivement aux personnes résidant déjà à Saint-Denis et de geler les loyers des logements sociaux pendant toute la durée du mandat. Georges Sali (PSG) propose quant à lui de les attribuer en priorité aux familles vivant dans des logements vétustes ainsi qu’aux jeunes dionysiens.

Le maire sortant promet, lui, de créer 1 500 logements pour les jeunes quittant le domicile familial, un projet déjà amorcé sous son mandat précédent.

> Fiscalité : le débat qui n'a pas lieu

Côté fiscalité, les propositions se font plus rares. Le maire sortant Didier Paillard (FDG), se félicite d’avoir des taxes foncières et d’habitations parmi les plus faibles de la région et ne promet donc rien de nouveau à ce sujet. Mathieu Hanotin (PS) envisagerait lui d'augmenter les impôts, mais seulement si des questions de sécurité ou d'éducation l'exigent.

A droite, le candidat UDI-UMP Houari Guermat souhaite le gel de tous les taux d’imposition jusqu’en 2020, tandis que le dissident divers-droite Stanislas Francina diminuerait la taxe d’habitation de 5 %.
Georges Sali, le dissident socialiste, prévoit quant à lui un système plus transparent dans le contrôle des dépenses, notamment en mettant en place un conseil de surveillance du service public local qui évaluera de façon indépendante l’efficacité et la qualité des dépenses publiques.

> Sécurité : la vidéosurveillance pour tous

La sécurité est donc la clé de voûte de beaucoup de candidats. Tous s’accordent sur la mise en place de la vidéosurveillance, bien que certains, à l’instar Houari Guermat (UDI-UMP) se montrent plus nuancés en proposant l’installation de caméras uniquement dans les endroits sensibles. 

Concernant les effectifs des forces de l’ordre, le maire sortant prévoit de doubler le nombre des policiers municipaux. Même objectif pour Mathieu Hanotin (PS), quand George Sali (PSG) souhaite atteindre le ratio d’un policier pour 1 000 habitants.

Les candidats misent également sur la prévention, comme Mathieu Hanotin et Stanislas Francina (DVD) qui proposent la mise en place d’un service d’accompagnement des victimes, des parents en difficulté, ou Georges Sali qui envisage la mise en place d’un conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance.

> Transport : le candidat socialiste veut un téléphérique et une navette fluviale

La Plaine Commune est directement impliquée dans le projet du Grand Paris. Le développement des réseaux de transports serait l’un des bénéfices les plus directs pour la ville qui souffre de transports en commun engorgés et la reliant insuffisamment aux autres villes de banlieue.

Didier Paillard (FDG) entend ainsi renforcer le T5, étendre le T8 qui relie la Plaine à la cité des Francs-Moisins ou faire entrer l’intégralité de Saint-Denis en zone 2. Le maire sortant propose également la mise en place de transports locaux, comme le candidat PSG Georges Sali, qui envisage en outre le doublement de la ligne 13. Mathieu Hanotin (PS) est peut-être le plus ambitieux en la matière : il propose un téléphérique reliant la porte de la Chapelle à la porte de Paris, ainsi qu'une navette fluviale entre la gare RER et La Défense.

>> Retrouvez le blog des étudiants du Celsa, "Le Périph' en campagne"

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