Municipales 2014 : ces logiciels prisés par le PS pour cibler les abstentionnistes

Municipales 2014 : ces logiciels prisés par le PS pour cibler les abstentionnistes

DirectLCI
ELECTION 2.0 – Grâce à plusieurs logiciels mis au point par des socialistes, le PS peut récolter les données sur les électeurs potentiels et cibler plus particulièrement les abstentionnistes. Un outil qui pourrait bien limiter les dégâts d'une forte abstention aux prochaines élections municipales.

L'ennemi public n°1 du PS, c'est l'abstention . Pour atténuer son score aux prochaines élections municipales, les socialistes ont fait appel à des sociétés extérieures pour maximiser la mobilisation des électeurs. Nation Builder, 50+1, Blue State Digital, ces différents logiciels, tous inspirés des campagnes électorales de Barack Obama, sont devenus fondamentaux pour les "responsables mobilisation" du parti.

A Argenteuil par exemple, le maire socialiste sortant, Philippe Doucet, s'est pleinement appuyé sur cette innovation. "Nous avons décidé d'utiliser Nation Builder pour mieux cadrer notre phoning et nos porte-à-porte", explique la collaboratrice du maire d'Argenteuil. "L'objectif étant de convaincre le plus de monde d'aller voter le 23 et le 30 mars prochain", explique Julie Lavet. "Avec ce logiciel, nous importons la liste électorale, nous ajoutons nos fichiers de militants et cela permet grâce aux comparaisons avec différentes élections antérieures, de cibler les abstentionnistes par SMS, téléphone et porte-à-porte", souligne-t-elle. Et de se féliciter : "Nos militants ont frappé aux 54.000 portes de la ville";

"Sur ces questions, la droite a deux ans de retard"

A Paris aussi, l'équipe de la candidate PS Anne Hidalgo a déployé un dispositif similaire. Avec de gros moyens. Une équipe centrale et une équipe pour chaque arrondissement, soit une trentaine de personnes environ, ont été chargées d'exploiter de nombreuses données pour cibler les abstentionnistes. "En plus de 50+1, qui est utilisé pour cadrer les porte-à-porte, nous utilisons le logiciel Blue State Digital pour récolter et gérer les données", explique à metronews Clémence Pene, responsable de la campagne digitale d'Anne Hidalgo. "Nous avons 25.000 personnes dans notre base dont nous pouvons analyser tous les comportements. On sait qui ouvre les mails, qui clique sur quoi. Nous analysons tout, pour nous adapter et personnaliser nos messages", ajoute-t-elle. Ce qui suscite d'ailleurs, l'inquiétude de quelques électeurs.

A droite, l'exploitation de ces technologies se fait rare. Et pour cause : ces programmes ont été mis en place par de jeunes militants socialistes et notamment par le trio composé de Guillaume Liegey, Arthur Muller et Vincent Pons, anciens étudiants dans de prestigieuses universités américaines (Harvard, MIT). Ces trois camarades ont fondé leur propre cabinet de conseil, LMP et proposent le logiciel 50+1 qui permet de cartographier les coordonnées des sympathisants pour simplifier les porte-à-porte. "Nous louons notre logiciel 50+1 à 70 candidats pour les élections municipales. Les prix varient entre 400 et 4000 euros selon la taille des communes", précise Arthur Muller à metronews.

Selon lui, il y a plusieurs raisons au fait que les socialistes soient les seuls à utiliser ces logiciels. "D'abord, en ce qui concerne 50+1, nous avons signé un accord d'exclusivité avec le PS. Mais sur ces questions, il faut reconnaître que la droite a deux ans de retard. Elle fait par tradition, peu d'actions de terrain", souligne-t-il. Nul doute que l'UMP se tournera vers ces nouvelles technologies pour les futures élections.

Lire et commenter