Municipales 2014 : Dix villes, dix points chauds

Municipales 2014 : Dix villes, dix points chauds

DirectLCI
ÉLECTIONS - Marseille, Hénin-Beaumont, Strasbourg... A moins de deux mois du premier tour des élections municipales, metronews prend la température dans dix points chauds du scrutin.

Les municipales ne déchaînent pas les passions : seuls 55% des Français déclarent s'y intéresser (un chiffre en baisse de 7 points par rapport à 2008, à la même période), selon un récent sondage TNS Sofres-Sopra Group pour LCI et metronews . Et pourtant, du suspense, il y en aura lors du scrutin des 23 et 30 mars prochains. Entre un PS grand vainqueur en 2008 - il détient aujourd'hui deux tiers des villes de plus de 100 000 habitants -, mais qui craint de faire les frais d'un vote anti-Hollande, et une UMP revancharde mais toujours pas requinquée, le FN compte bien jouer des coudes. De Hénin-Beaumont à Marseille, en passant par Montreuil ou Avignon, metronews a sélectionné dix villes marquées d'une croix rouge sur les cartes des états majors des partis.

Paris : la gauche reste favorite
Les semaines passent et la candidate socialiste, Anne Hidalgo, reste favorite dans les sondages face à l'UMP Nathalie Kosiusko-Morizet. Cette dernière doit faire face à une vingtaine de listes fédérées autour de l'homme d'affaires Charles Beigbeder, un obstacle malgré l'union qu'elle est parvenue à réaliser avec le centre. Pour la gauche, le principal écueil pourrait être l'abstention de son électorat, voire le vote sanction à l'égard de la politique nationale. Le score du Front national pourrait également peser sur le scrutin s'il engendrait des triangulaires dans certains arrondissements.

Montreuil : la guerre des gauches
La commune, en bordure de Paris, est surnommée "le Neuilly de la gauche". Ici, la droite n'a aucune chance. Mais socialistes, communistes et écologistes ne s'entendent pas pour autant. Dominique Voynet, la maire sortante (EELV), a renoncé à se représenter en 2014, dénonçant "une arène politique aux airs de Fight Club". Depuis, pas moins de cinq candidats étiquetés à gauche sont sur les rangs. Et entre la publication de vidéos vengeresses et les rumeurs assassines, tous les coups bas semblent permis.

Levallois : scrutin incertain pour Patrick Balkany
Patrick Balkany (UMP) souhaiterait rempiler pour un cinquième mandat à Levallois. Mais s'il se dit "très serein", son agenda judiciaire chargé pourrait donner raison à son principal challenger, Arnaud de Courson , qui dénonce les "dérives" de sa gestion. Patrick Balkany est visé par deux enquêtes, dont une pour "blanchiment de fraude fiscale". En 2008, il avait été réélu dès le premier tour malgré deux listes dissidentes à droite.

Marseille : la ville que la gauche veut reprendre
Un duel toujours aussi incertain. A mesure que le 1er tour des élections municipales approche, le suspense monte de plus en plus sur le Vieux-Port. Après avoir fait la course en tête jusqu’en décembre, le candidat du Parti socialiste, Patrick Mennucci, est désormais devancé, selon un dernier sondage, d’une courte tête par le maire UMP sortant, Jean-Claude Gaudin. A 74 ans, ce dernier brigue un 4ème mandat consécutif. Raison pour laquelle le PS espèrent enfin la victoire dans la seconde ville de France. Pas simple, mais le gouvernement socialiste a les moyens de ses ambitions. Preuve en est les mesures prises en faveur de Marseille en 2013. Sans compter les déplacements sur place de ministre comme Manuel Valls la semaine dernière.

Hénin-Beaumont : un laboratoire-gagnant pour le FN ? 
C'est le laboratoire politique du Front national. Depuis une vingtaine d'années, Steeve Briois laboure la terre d'Hénin-Beaumont, une commune de 26 000 habitants située au cœur du bassin minier, près de Lens. Une terre de gauche que le secrétaire général du FN grignote un peu plus à chaque élection. En 2009, lors d'une municipale partielle organisée après la révocation du maire Gérard Dalongeville (divers gauche), il n'avait échoué que de... 265 voix (47,62% des suffrages ). Toujours épaulé par Marine Le Pen, le candidat nordiste mise, cette fois encore, sur une gauche divisée en plusieurs listes et sur une défiance des habitants envers les affaires pour l'emporter.

L'UMP rêve de reconquête à Strasbourg
Il y a six ans à Strasbourg, le socialiste Roland Ries l'avait emporté par KO (58% des voix) sur la maire sortante d'alors, l'UMP Fabienne Keller. Tous deux remontent sur le ring pour un combat qui s'annonce beaucoup plus serré. Si la gauche détient une marge d'avance plutôt confortable selon les sondages, la droite n'a pas abandonné ses rêves de reconquête. Certes, elle a du mal à s'entendre avec les centristes. Mais Roland Ries est handicapé par un bilan en demi-teinte, marqué notamment par le rejet par la population, lors d'un référendum local en 2011, de son projet de limiter la vitesse en centre-ville à 30 km/h. Il n'est donc pas à l'abri d'une mauvaise surprise.

Pau : quitte ou double pour Bayrou
Battu aux dernières législatives, rétamé déjà deux fois aux municipales dans son fief de Pau, l'homme qui se rêvait Président joue gros désormais sa carrière sur ce scrutin local. Sauf que cette fois, François Bayrou dispose de réels avantages pour prendre cette mairie détenue depuis 43 ans par le PS. En plus d'un contexte national défavorable aux socialistes, la gauche locale est divisée. Surtout, après être revenu au centre droit depuis son rapprochement avec l’UDI de Jean-Louis Borloo, François Bayrou s'est allié avec le candidat UMP Eric Saubatte, au grand dam de certains ténors du parti.

Le FN à l'assaut de Forbach
Si le FN a surtout des vues sur des mairies du Sud, comme Fréjus ou Carpentras, il mise aussi sur l'Est avec Forbach, en Moselle. C'est dans cette ville sinistrée de 22 000 habitants que le numéro deux du parti, Florian Philippot, affronte le maire sortant PS, Laurent Kalinowski. Aux législatives de 2012, le match entre les deux hommes avait été serré, le bras droit de Marine Le Pen recueillant 46,3% des suffrages.

La droite revancharde à Reims
C'est l'une de ces "villes moyennes" sur lesquelles la droite concentre ses espoirs. Comme à Rouen, Caen ou Metz, des municipalités perdues en 2008, l'UMP espère prendre sa revanche à Reims. Mais la partie pourrait se jouer dans un mouchoir de poche avec la maire socialiste sortante, Adeline Hazan. Pour mettre toutes ses chances de son côté, la droite locale sera cette fois unie autour du jeune député UMP Arnaud Robinet. Mais le FN, en parvenant à se hisser au second tour (Marine Le Pen a obtenu18,38% des suffrages dans la ville lors de la présidentielle de 2012) pourrait jouer les trouble-fête.

Avignon : l'espoir pour la gauche après 19 ans de gestion UMP
Dix-neuf ans après avoir perdu la mairie d'Avignon, le PS, emmené par la conseillère régionale Cécile Helle, a grand espoir de reconquérir cette ville de 89.000 habitants. Il peut miser, pour l'emporter, sur l'image écornée de l'UMP locale : après trois mandats, la maire sortante, Marie-Josée Roig, a en effet été poussée vers la sortie par un scandale d'emploi fictif. 

> Notre page spéciale dédiés aux élections municipales

Lire et commenter