Municipales 2014 : le FN et l'abstention font des ravages

Municipales 2014 : le FN et l'abstention font des ravages

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ANALYSE – Les 44,8 millions d'électeurs appelés à voter dimanche pour le 1er tour des élections municipales ont livré leur verdict. Beaucoup - 36%, un nouveau record - ont boudé les urnes, le FN tirant son épingle du jeu dans de nombreuses villes.

La grande gagnante de ce premier tour des municipales, c'est encore elle. L'abstention, sans doute aidée par le feuilleton des "affaires" de ces dernières semaines, a atteint un nouveau pic dimanche  : près de 36% des Français ne sont pas allés voter. Qui cette faible participation a-t-elle fait le plus souffrir ? Assurément le PS et ses alliés qui, larges vainqueurs du scrutin de 2008, avaient tout à perdre dans ce premier grand test depuis la victoire à la présidentielle et aux législatives.

Avec un peu moins de 38% des voix au niveau national selon les derniers chiffres disponibles, la gauche enregistre un net recul, même si la prime aux enjeux locaux et le bilan globalement satisfaisant de ses maires sortants lui permettent d'éviter un vote-sanction trop sévère. Symbole du désamour : la ville de Niort, qu'elle détenait depuis 60 ans, a basculé à droite dès le premier tour. Et que dire de Marseille, où le socialiste Patrick Mennucci croyait en ses chances de détrôner Jean-Claude Gaudin mais se retrouve en fâcheuse posture . Il arrive non seulement vingt points derrière le candidat UMP, mais est même devancé par le FN !

Le FN arbitre et attaquant

"Toutes les conditions sont réunies pour une grande victoire", n'a pas manqué de fanfaronner Jean-François Copé, élu dès de le premier tour dans sa ville de Meaux, à l'annonce des premiers résultats. L'UMP, en progression, pourrait en effet reprendre une bonne partie des 40 villes de plus 30.000 habitants perdues lors du précédent scrutin. A Amiens par exemple, sa liste d'union est vingt points devant celle de la gauche. Mais ses rêves de "vague bleue" pourraient bien n'être qu'une vaguelette. Car le parti va devoir composer avec l'autre enseignement majeur de ce scrutin : le Front national semble en passe de devenir un "Front local".

Derrière Steeve Briois, élu dès le premier tour à Hénin-Beaumont, ses troupes sont en pole position à Avignon, Béziers ou Perpignan, et le parti jouera les arbitres au second tour dans un grand nombre de triangulaires. Marine Le Pen, qui a salué un "cru exceptionnel", est largement en mesure de remplir son objectif de faire élire 1000 conseillers municipaux à ses couleurs. Et de faire mieux qu'en 1995, lorsque son parti avait gagné trois villes (Toulon, Marignane et Orange). De quoi prévoir un entre-deux tours agité entre PS et UMP, sur le thème du "front républicain" pour faire barrage à l'extrême-droite.

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