Municipales 2014 : "Le FN peut être le premier parti de France au soir des européennes"

Municipales 2014 : "Le FN peut être le premier parti de France au soir des européennes"

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ANALYSE – Jean Petaux, politologue à Sciences Po Bordeaux, revient pour metronews sur les résultats du premier tour des municipales. Selon lui, il ne devrait pas y avoir de "renversement de tendance significatif" dimanche prochain.

Le FN enregistre une poussée spectaculaire dans ce scrutin. Est-il en passe de devenir un Front "local" ?
Même s'il a présenté moins de listes qu'il ne pensait pouvoir le faire en début de campagne, il a incontestablement réussi un très bon score, le choc psychologique et politique de ce soir étant la victoire de Steeve Briois à Hénin-Beaumont. Si on prend l'exemple de la Gironde, où le FN est plutôt dans une terre de mission, il fait un peu plus de 6% à Bordeaux. Ce n'est certes pas phénoménal, mais c'est mieux qu'à la présidentielle où Marine le Pen avait réalisé environ 4%. Le parti va donc obtenir des sièges à la communauté urbaine. Surtout, dans certaines communes traditionnellement de gauche comme Mérignac, le parti est haut et peut se maintenir au second tour. Ce nouveau maillage territorial aura des conséquences.

Lesquelles ?
Sur les parrainages pour la présidentielle en 2017 notamment : Marine Le Pen n'aura aucun mal à avoir ses signatures. Cela positionne aussi le parti pour les régionales de 2015. Et dès le mois de mai, fort de cette dynamique, le FN pourrait bien virer comme le premier parti de France au soir des européennes.

Le parti va se maintenir dans un grand nombre de triangulaires. Le PS peut-il en profiter ?
Les triangulaires pourraient effectivement plutôt bénéficier aux socialistes. Quand le PS arrive en tête au premier tour, suivi de l'UMP puis du FN qui se maintient, le second tour est généralement une reproduction photographique de cet ordre d'arrivée. Autre chose qui pourrait profiter au PS, dont les listes ont été fortement sanctionnées ce soir : une plus forte mobilisation de ses électeurs dimanche prochain. Ceci dit, je serais étonné qu'un renversement de tendance significatif rende le second tour très différent du premier.

Le PS apparaît comme le perdant ce soir. Peut-on pour autant dire que c'est une victoire de l'UMP ?
Non, c'est cela qui est paradoxal. C'est un peu une victoire par défaut de la droite. Cela dépend bien sûr des situations et des contextes locaux. Incontestablement par exemple, Alain Juppé remporte une très grande victoire à Bordeaux, avec son meilleur score jamais atteint sur la ville, ce qui le place sur une vraie rampe de lancement pour la présidentielle. Mais au niveau national, on voit bien que l'UMP bénéficie autant de l'écroulement du PS que de sa dynamique propre. La dynamique, elle est plutôt au FN et non à l'UMP.

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