Municipales 2014 : quand Ayrault réclamait un remaniement...

Municipales 2014 : quand Ayrault réclamait un remaniement...

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FLASHBACK - Le Premier ministre a estimé au soir du premier tour des municipales que "certains électeurs ont exprimé par leur abstention ou leur vote leurs inquiétudes, voire leurs doutes". Quelques années auparavant, l'analyse de Jean-Marc Ayrault était nettement plus féroce, celui-ci plaidant pour un remaniement après de tels revers électoraux.

Un remaniement ? "Ce n'est pas le sujet. Il faut éviter les anticipations", a observé lundi pour metronews Najat Vallaud-Belkacem, au lendemain du premier tour des élections municipales. Pourtant, la question est sur toutes les lèvres. Et l'hypothèse d'un vaste jeu de chaises musicales fait son chemin, y compris au sein de la majorité où certains n'hésitent plus à réclamer la tête de Jean-Marc Ayrault. Remanier pour mieux gouverner après une claque dans les urnes ? Il y a quelques années, celui qui était maire de Nantes y était lui-même favorable.

Retour en arrière. En mars 2010, les Français sont appelés à voter dans le cadre des élections régionales. Un scrutin synonyme – déjà – d'abstention record, à 53,67 %. Et donc de désaveu pour le gouvernement de François Fillon, la droite parlementaire enregistrant son plus mauvais score sous la Ve République, avec 27 % des suffrages exprimés. A l'époque, Jean-Marc Ayrault siège à l'Assemblée, dont il est le président dans l'opposition du groupe PS. Trois jours après les résultats du premier tour, le député-maire commente sur Twitter le verdict : "Votez dimanche, le gouvernement dénie la réalité du vote sanction du 1er tour. Il faut dire stop à la dérive actuelle et confirmer la sanction!" Le dimanche suivant, à l'issue du second tour, seconde salve. "Le message des Français est clair: c'est une sanction de la politique gouvernementale."

"Un geste fort"

En mars 1992, déjà, le refrain était le même durant les élections cantonales et régionales. Une claque pour le PS que le député-maire Jean-Marc Ayrault avait commenté en militant pour "un geste fort qui redonne confiance aux Français, qui créerait une nouvelle dynamique". Et d'appuyer : "Ce changement (...) passe par une restructuration de l'équipe gouvernementale élargie, ouverte à d'autres forces qui expriment des sensibilités." Sous le feu des critiques, Edith Cresson quitte quelques jours plus tard Matignon et cède sa place à Pierre Bérégovoy.

Devenu aujourd'hui Premier ministre, Jean-Marc Ayrault a-t-il perdu la mémoire ? Ce dernier a en effet nié un vote sanction dimanche soir , estimant que "certains électeurs ont exprimé par leur abstention ou leur vote leurs inquiétudes, voire leurs doutes". L'UMP, elle, a la mémoire tenace. La majorité change de camp, pas les arguments : Eric Ciotti, député UMP des Alpes-Maritimes, s'est fendu lundi d'un tweet pour inciter les électeurs à "appliquer le conseil d'Ayrault en 2010." De bonne guerre.

 Ci-dessous : les deux tweets de Jean-Marc Ayrault, en mars 2010. 

 Ci-dessous : l'interview de Jean-Marc Ayrault en 1992. 

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