Municipales à Paris : Agnès Buzyn engagée dans une fin de campagne compliquée

Municipales à Paris : Agnès Buzyn engagée dans une fin de campagne compliquée
Élections Municipales 2020

SECOND TOUR - A cinq jours du vote, Agnès Buzyn poursuit ses déplacements sur le terrain, essayant de convaincre des électeurs qui semblaient pourtant acquis à LaREM il y a quelques mois. Selon notre dernier sondage, les chances de l'ex-ministre de la Santé, dont la notoriété est en chute, semblent très minces.

Elle avait disparu de la scène médiatique durant près de deux mois, durant la crise sanitaire, pour travailler comme médecin à l'hôpital Percy de Clamart. De retour à la vie politique depuis le déconfinement, Agnès Buzyn a promis d'aller jusqu'au bout dans cette si difficile campagne des élections municipales. 

La candidate, investie par LaREM après la défection surprise de Benjamin Griveaux en février dernier, avait déjà eu une campagne de premier tour compliquée : un petit mois de campagne seulement pour faire sien le projet de son prédécesseur et tenter de convaincre les électeurs parisiens, sur fond de contestation sociale contre une réforme des retraites qu'elle portait elle-même, et bien sûr de crise sanitaire. 

Le score bien en deçà des espérances au premier tour, plaçant la candidate en troisième position, n'avait pas arrangé les choses. Mais ce sont les propos de l'ex-ministre sur la crise sanitaire, relatés par Le Monde quelques jours après le scrutin du 15 mars, qui ont marqué le véritable tournant pour la candidate LaREM. 

Une image sérieusement écornée

Les propos d'Agnès Buzyn sur cette campagne du premier tour devenue "un cauchemar", et affirmant avoir prévenu très tôt l'exécutif du danger d'une épidémie de coronavirus, ont eu des effets qui se font encore sentir à quelques jours du second tour, le 28 juin. 

Selon notre sondage Harris Interactive - Epoka pour LCI publié lundi soir, la candidate LaREM, créditée de 17% d'intentions de vote, souffre d'une érosion de son électorat au profit de ses deux rivales. Surtout, seules 30% des personnes interrogées ont une bonne opinion d'Agnès Buzyn, soit 18 points de moins qu'au début du mois de mars. De même, 33% des sondés estiment qu'elle ferait une bonne maire, soit une déperdition de 16 points par rapport au mois de mars dernier. 

L'objectif est de tenter de sauver ce qui peut l'être en remobilisant cet électorat macroniste qui semblait si majoritaire en 2017 dans la capitale. "Je souhaite mobiliser ceux qui ont voté Emmanuel Macron en 2017 et veulent sa réélection", déclarait-elle lundi lors d'une tournée dans le 18e arrondissement, selon des propos rapportés par Le Monde. "S’ils votent pour moi, ils marquent leur soutien au président de la République et au gouvernement, qui fait un travail absolument remarquable, notamment face à la crise économique. S’ils votent pour Anne Hidalgo ou Rachida Dati, ils appuient des candidates qui se mettront en travers de la route d’Emmanuel Macron en 2022."

La veille, la candidate appelait à "ne pas faire le match avant qu'il ait été joué. Nous sommes en deuxième mi-temps, et donc l'objectif c'est de gagner". 

Se projeter plus loin

Consciente de ne plus pouvoir remonter la pente d'ici le 28 juin - 28 points la séparent désormais d'Anne Hidalgo -, Agnès Buzyn veut aller au bout de cette pénible campagne, quand bien même des soutiens de Rachida Dati la pressent de céder la place à la candidate LR pour laisser une chance à cette dernière. 

L'objectif, pour l'ancienne ministre, est de préparer la suite. Tenter de conserver les 5e et 9e arrondissements, et parvenir à construire une opposition viable au Conseil de Paris en vue des prochaines élections municipales. "Dans six ans, ce sera moi !", a-t-elle fait savoir au Monde. "J’ai quitté un très beau poste pour faire de la politique, ce n’est pas pour arrêter de sitôt. Je serai là dans six ans !

Lire aussi

Depuis 2017, la droite parisienne s'est profondément fissurée, entre les tenants d'un maintien au sein de LR et les élus tentés par le rapprochement avec la majorité présidentielle. L'après-second tour se jouera aussi au sein de cette opposition, qui devra choisir entre la ligne défendue par Rachida Dati durant cette campagne et celle, au centre, qui avait fait le succès d'Emmanuel Macron dans la capitale en 2017 et qu'Agnès Buzyn souhaiterait incarner à l'avenir.

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent