Municipales : face au coronavirus, des annulations de meetings en série

Municipales : face au coronavirus, des annulations de meetings en série

CAMPAGNE - Les autorités ont annoncé l'interdiction des rassemblements de plus de 1000 personnes sur le territoire. De très nombreux candidats ont pris l'initiative d'annuler leurs derniers meeting de campagne, à l'instar d'Anne Hidalgo (PS) et de David Belliard (EELV) à Paris. D'autres les maintiennent, invoquant la plus faible capacité de leur salle. Dans certains cas, les réseaux sociaux pourraient prendre le relais.

Une fin de campagne sans grand raout. La situation sanitaire de la France, placée face au risque de propagation du coronavirus Covid-19, bouleverse une tradition démocratique installée depuis des lustres : les rassemblements de fin de campagne, qui permettent aux candidats de mobiliser leur troupes et de convaincre les nombreux indécis avant le scrutin. 

Dimanche soir, le gouvernement a annoncé, parmi les mesures de précaution, l'interdiction des rassemblements de plus de 1000 personnes sur le territoire français, à l'exception des "événements considérés comme utiles à la vie de la nation". "Les préfets, les ministères feront remonter une liste d'événements considérés comme utiles à la vie de la nation", à l'instar des manifestations, des concours ou des transports en commun, avait précisé le ministre de la Santé, Olivier Véran. 

Si les meetings politiques n'étaient pas directement cités parmi les événements susceptibles d'être interdits, ou au contraire maintenus, de nombreux candidats aux municipales ont pris les devants, jugeant qu'il était de leur responsabilité de contribuer à l'effort collectif contre la propagation du virus. 

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La maire PS sortante de Paris, Anne Hidalgo, a ainsi annoncé l'annulation de son meeting prévu jeudi soir au gymnase Japy, dans le 11e arrondissement, "suite à la décision du gouvernement d'interdire tous les rassemblements de plus de 1000 personnes". "La responsabilité est de limiter la propagation, donc d'éviter les risques inutiles", a précisé son directeur de campagne, Emmanuel Grégoire, à une journaliste de LCI. "Ce n'était pas responsable de jouer avec la jauge des 1000 pour prétendre qu'à 999, ce n'est pas dangereux."

Une réflexion qui renvoie à la candidate concurrente, Rachida Dati, qui a décidé à l'inverse de maintenir son grand meeting du lundi 4 mars à la salle Gaveau (8e arrondissement). La candidate LR a en effet annoncé dimanche soir que ce rassemblement en présence de Nicolas Sarkozy était "maintenu", tout en précisant que "le nombre de places sera réduit". "Conformément aux annonces faites par le ministre de la Santé et en responsabilité, nous limiterons la jauge à 900 personnes", a déclaré la candidate sur son compte Twitter. 

Un autre meeting prévu jeudi soir, celui de David Belliard, a également été annulé. "Notre priorité, c'est la santé et la protection des plus vulnérables", a fait savoir le candidat écologiste sur Twitter.

Des annulations qui deviennent un enjeu de campagne

Sur l'ensemble du territoire, de nombreux candidats ont annoncé tour à tour l'annulation des derniers meetings, faisant valoir leur sens "des responsabilités" dans ces décisions - preuve que la campagne se poursuit, quitte à faire du coronavirus un nouvel élément de celle-ci. 

A Saint-Etienne, le maire LR sortant Gaël Perdriau, a ainsi renoncé à un rassemblement prévu mardi soir au centre des congrès, indiquant qu'il attendait "plus de 1200 personnes". Le maire PS sortant de Clermont-Ferrand, Olivier Bianchi, a pris la même décision au sujet d'un rassemblement programmé jeudi, renvoyant ses soutiens au débat local organisé mercredi soir sur France 3 Auvergne. Idem pour Philippe Maurizot et Jean Hetsch (Fos-sur-Mer), Xavier Bonnefont (Angoulême), Eric Quénard (Reims), Prosper Kabalo (Villeurbanne) , David Kimelfed (Lyon métropole), Etienne Blanc (Lyon), Mathieu Klein (Nancy) ou encore Antoine Bonneville et Gil Avérous (Châteauroux). 

A Marseille, plusieurs listes ont également modifié leur agenda de fin de campagne : Bruno Gilles (divers droite), le Printemps marseillais, qui avait convié ses soutiens au Dock-des-Suds mardi soir, et la candidate LR Martine Vassal. "Alors que nous attendions plusieurs milliers de Marseillais lors des prochaines réunions publiques, j'ai pris la décision et viens de demander à mes équipes d'annuler l'ensemble des meetings prévus cette semaine", a indiqué cette dernière lundi dans un communiqué. "La responsabilité première de maire est de protéger la population. La campagne électorale, si cruciale soit-elle, ne doit pas être l'occasion de fragiliser la santé des Marseillaises et des Marseillais ou de les mettre en danger."

"C'est ma responsabilité de médecin et de maire", a également fait valoir, à Sète, le maire sortant François Commeinhes, auprès de Midi Libre, alors que l'un de ses concurrents annonçait vouloir maintenir son meeting. "Oui, j'ai annulé mon meeting, je ne fais pas d'interprétation des jauges", a également fait savoir, à Montpellier, le maire sortant Philippe Saurel. "Je suis président du conseil de surveillance du CHU. Je suis responsable de la sécurité sanitaire", a-t-il crû bon d'ajouter devant la presse. 

Virtuelle ou sur le terrain, la campagne se poursuit

Bien qu'ils aient tiré un trait sur leurs meetings de fin de campagne, les candidats n'ont pas renoncé à faire campagne jusqu'au bout. La plupart précisent que leurs équipes continueront de ratisser le terrain jusqu'à vendredi soir, terme de la campagne officiel. 

Les réseaux sociaux sont appelés en renfort. La maire sortant de Paris, Anne Hidalgo, devrait ainsi proposer un "meeting virtuel" en remplacement de l'événement annulé jeudi soir au gymnase Japy. David Belliard (EELV) a promis de son côté de proposer "très vite un événement alternatif en plein air". Marcel Campion, autre candidat à la mairie de Paris, a prévu de son côté un meeting mercredi soir sur la place de la République, haut-lieu des rassemblements dans la capitale. 

A Nancy, le socialiste Mathieu Klein a remplacé son meeting, jeudi soir, par un "Facebook Live" au cours duquel il répondra aux questions des habitants, à l'instar du candidat LR à Blois, Malik Benakcha, ou du candidat de la gauche à Montauban, Arnaud Hilion, qui appelle cela un "meeting en ligne". 

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