Municipales à Lyon : l’abstention, septième tête de liste ?

Municipales à Lyon : l’abstention, septième tête de liste ?

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POLITIQUE – C’est comme souvent la grande inconnue d’un scrutin, qui plus est au niveau local. En 2008, près d’un Lyonnais sur deux n’était pas allé voter. Quelle est la tendance cette année ? Les candidats font part de leur ressenti.

Elle est parfois présentée comme le plus grand parti de France. Souvent redoutée, l’abstention pourrait une nouvelle fois s’inviter dans l’élection municipale, comme elle l’avait fait en 2008, quand près d’un Lyonnais sur deux (45,10 %) ne s’était pas rendu dans l’isoloir.

Rejet de la politique, météo (bien que le temps devrait se gâter ce week-end), sentiment d’une élection jouée d’avance… De nombreux facteurs laissent penser que les records de participation seront loin d’être battus.

"Je ne suis pas spécialement pessimiste, relativise Olivier Brachet, directeur de campagne du maire sortant Gérard Collomb (PS). Certains peuvent effectivement penser que le scrutin est déjà joué, ce qui risque de nous faire perdre quelques voix. Mais c’est le cas à chaque fois que le sortant est bien placé. Nous devons combattre ce sentiment en rappelant l’importance du vote."

Effort de pédagogie

Du côté de l’équipe de Michel Havard , l’abstention est clairement redoutée. "Ça nous embête beaucoup, confie Damien Gouy-Perret, directeur de campagne du candidat UMP-UDI. Car cela a tendance à faire monter le Front National, et donc à faire gagner la gauche." Un argument réfuté par le FN. "C'est leur grand truc, répond Christophe Boudot. Je pense que l'abstention pénalisera un peu plus le PS que l'UMP", estime-t-il en ajoutant que l'abstention "peut booster le FN, d'autant qu'il y a beaucoup de candidats."

Mais comment lutter contre ce fléau de l'abstention ? "Il y a un effort de pédagogie à faire auprès des gens, indique l’écologiste Etienne Tête . En rappelant par exemple qu’il ne faut pas attendre d’une élection municipale plus que ce qu’elle peut donner. Si elle n’a pas d’incidence directe sur la lutte contre le chômage, elle sert à quelque chose sur les problématiques importantes comme les transports collectifs ou la pollution."

"Il nous faut expliquer que le bulletin de vote est une force et qu’il ne faut pas laisser les autres choisir à sa place", poursuit Aline Guitard , tête de liste Front de Gauche-Gram. Enfin, Eric Lafond , candidat centriste sans étiquette, "aime à croire" que "la défiance" des électeurs vis-à-vis des partis politiques traditionnels jouera en sa faveur.
 

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