Municipales à Paris : à quoi sert un maire d'arrondissement ?

Municipales à Paris : à quoi sert un maire d'arrondissement ?

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MUNICIPALES 2014 – Le 23 et le 30 mars prochain, les Parisiens vont devoir désigner le futur maire de Paris. Au sein même de la capitale, vingt scrutins vont être organisés : chaque arrondissement doit en effet élire son propre maire. C'est cet élu qui, avec les autres conseillers de Paris, va désigner le futur édile de la capitale. Décryptage d'un rôle peu connu des habitants.

Un statut relativement récent
Le maire de Paris n'existe que depuis 1977. Auparavant, Paris était administré par un préfet, et les maires d'arrondissement étaient nommés par l'Etat. Depuis, c'est la loi "PLM" (Paris, Lyon, Marseille), votée en 1982, qui régit leurs fonctions.

Un mandat très encadré
Le maire d'arrondissement ne peut pas lever l'impôt et n'a pas de pouvoir de décision budgétaire. Officiellement, il est officier d'état civil, célèbre des mariages et dispose d'un pouvoir consultatif sur les projets de la mairie centrale qui concernent son secteur. Il attribue les places en crèche et 1/3 des logements sociaux, par le biais d'une commission mixte. Chaque année, le maire d'arrondissement dispose d'une enveloppe budgétaire pour les équipements locaux. "La tâche est simple et restrictive, écrit Brigitte Kuster, maire du 17e, dans son livre M. ou Mme la Maire ? Appelez-moi Brigitte . Le quotidien est riche et foisonnant".

Un maire à tout faire
Directeur d'école, de crèche, bailleur social, avocat ou policier, "ce n'est pas un rôle de figuration", détaille Brigitte Kuster. La plupart des élus organisent des réunions régulières avec toutes les instances (police, éducation, santé…) de l'arrondissement. "Etre maire d'arrondissement, ce n'est pas un maire de plein exercice mais un maire de tous les exercices !" s'exclame Daniel Vaillant, maire du 18e.

Un pouvoir d'influence
"On est là pour faire du lobbying actif" indique Philippe Goujon, du 15e. Brigitte Kuster cite l'exemple de la station Cardinet , prévue dans le prolongement de la ligne 14 du métro. "Je me suis battue pour qu'on obtienne un arrêt dans le 17e, raconte-t-elle. Depuis on m'appelle 'Miss Cardinet' au Conseil de Paris !". "Notre légitimité, c'est le suffrage universel. Le maire de Paris se doit de nous écouter" conclut Daniel Vaillant (18e).

Un statut en évolution permanente
Pour Daniel Vaillant (PS), maire du 18e, "tout a changé en 1995". Cette année, il remporte, comme cinq autres socialistes, une mairie d'arrondissement. Une petite révolution à Paris qui n'avait jusqu'alors été gouvernée que par la droite. "Les maires d'arrondissement ont commencé à demander l'application stricte de leurs compétences", raconte l'élu. En 2002, alors ministre de l’Intérieur du gouvernement Jospin, il fait voter une loi accordant plus de pouvoirs à la démocratie locale et aux conseils de quartier. "On est de plus en plus souvent associés aux décisions", estime Jérôme Coumet, jeune maire du 13e. C'est lui qui, en partenariat avec une galerie, est à l'initiative de la Tour Paris 13, qui a rencontré un énorme succès à l'automne. "Sur ce projet, je n'ai pas eu à consulter la mairie", indique-t-il. "Mais il faudrait donner de vraies prérogatives, en termes de propreté, de voirie ou d'urbanisme", tempère Philippe Goujon.

Un mandat ultra-local
"Aux yeux de la population, on sert à tout, explique Philippe Goujon (15e). À nous de nous adapter, on ne doit pas se réfugier derrière nos compétences strictes." Arrivé à la mairie du 4e il y a un an et demi, suite au départ pour le gouvernement de Dominique Bertinotti, Christophe Girard a pris goût à la fonction. "Je ne pensais pas que je pouvais faire autant. Sur mon mandat, j'ai pu préfigurer de nouveaux jardins, inverser le sens d'une rue, faire monter des projets…". L'élu résume son mandat en une phrase : "ça s'appelle le goût des autres".

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