Municipales à Paris : combien dépensent NKM, Hidalgo et les autres ?

Municipales à Paris : combien dépensent NKM, Hidalgo et les autres ?

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ÉLÉCTIONS - L'UMP vient de lancer un appel aux dons pour financer sa campagne municipale, alors que le PS assure se porter "très bien financièrement". Combien paye chaque parti politique ? Quelle est la situation économique des différents candidats ? Metronews fait le point à un mois du scrutin parisien.

Mais combien coûte une campagne municipale parisienne ? À un mois du scrutin, tous les candidats aux élections de mars prochain ont accepté de lever le voile sur le coût de leur campagne, avant leur examen par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) prévu deux mois après l'échéance. Si la loi plafonne le montant des dépenses pouvant être engagées par les candidats, le montant est sensiblement différent selon les partis politiques.

Le financement de la campagne municipale à Paris est particulier parce qu'il est divisé en 20. Dans chaque arrondissement, les candidats doivent en effet nommer un mandataire financier et récolter de l'argent. Une partie de la somme sert à payer la campagne de l'arrondissement, une autre est reversée pour la "campagne parisienne" sur le compte de campagne du chef de file. Mais si le financement est pour une bonne partie avancé par les candidats, il suffit d'obtenir un score supérieur à 5% pour que l'Etat rembourse les avances personnelles ou les prêts consentis.

> Pour le PS, "l'argent va aux vainqueurs"

Chez Anne Hidalgo, le financement de la campagne ne suscite "aucune inquiétude". Le parti compte en effet dépenser environ deux millions d'euros d'ici à la fin mars, en "laissant un peu de marge" pour être certain de ne pas dépasser les deux millions cinq cent mille euros autorisés . "Sur ces deux millions d'euros, 800.000 euros sont réservés à la campagne parisienne, c’est-à-dire à celle d'Anne Hidalgo pour payer notamment le loyer de sa permanence, quelques salaires, l'impression des tracts et les deux meetings de la candidate", explique à metronews, Rémi Féraud, son directeur de campagne. "Chez nous les élus versent une cotisation importante à la fédération de Paris (environ 500 euros par mois, ndlr)", ajoute-t-il.

Et justement, la fédération de Paris participe au financement de cette campagne. Elle récolte par exemple les dons issus des appels lancés sur le site de la candidate socialiste, qui sont estimés à presque 90.000 euros aujourd'hui. "Nous n'avons pas eu besoin de véritablement lancer des appels aux dons. Ce n'est pas la culture socialiste et nous n'avons pas de problème particulier", explique le trésorier de la fédération socialiste de Paris, Thierry Grosnon. Et de plaisanter : "L'argent va aux vainqueurs, c'est pour ça que nous sommes sereins."

> L'UMP et ses difficultés

Dans l'équipe de Nathalie Kosciusko-Morizet, on subit la crise du parti. Simple candidat ou porte-parole, tout le monde semble être logé à la même enseigne. "C'est assez compliqué, j'ai par exemple emprunté 40.000 euros à la banque, mais j'ai encore besoin d'apports d'autres candidats pour obtenir mes 200.000 euros nécessaires", raconte Pierre-Yves Bournazel, qui se présente dans le 18e. En effet, chacun des candidats UMP doit reverser 55% de ses fonds pour NKM et la campagne parisienne.

L'ancienne ministre a en effet décidé de se passer de l'aide de la fédération UMP de Paris. Un microparti, NKM Paris 2014 , a ainsi été créé pour récolter les dons. "Nous avons dû récolter 510.000 euros de dons environ, il faut que l'on atteigne 850.000 euros", explique Béatrice Furon, membre de l'équipe de la candidate. "Nous faisons le choix de ne pas transiter par l'UMP. À quoi ça servirait de déshabiller la fédération qui est déjà très mal financièrement ", s'interroge-t-elle. Et si jamais un candidat avait le malheur de ne pas obtenir au moins 5% des voix, "le parti se désolidariserait et ne rembourserait pas les avances".

En plus des appels aux dons, largement relayés ces derniers jours, l'UMP de la capitale a trouvé une autre astuce pour financer sa campagne. Les responsables économiques qui souhaitent déjeuner avec Nathalie Kosciusko-Morizet doivent verser jusqu’à 3000 euros de dons. Pour un petit-déjeuner, c’est entre 750 et 1000 euros, rapportait ainsi Le Point en décembre dernier.

> Moins d'un million d'euros pour les écolos

Chez les écolos, on revendique une campagne économe. "Nous avons une campagne très déconcentrée, mais nous faisons attention aux dépenses, car nous n'avons pas les moyens de l'UMP ou du PS", explique Jonathan Sorel, directeur de campagne du candidat EELV, Christophe Najdovski. "On sera à moins d'un million d'euros", précise-t-il. Le parti ne veut pas dépasser le plafond remboursable mais s'engage tout de même à dédommager tous les candidats n'obtenant pas 5% des suffrages.

> Le FN contre les appels aux dons

Pour Wallerand de Saint-Just, candidat FN à Paris, la campagne frontiste ne dépassera pas 500.000 euros. "Nous n'avons pas voulu lancer des appels aux dons, mais nous avons lancé des appels aux prêts à des gens que nous connaissons", explique l'avocat du parti qui dit dépenser environ 70.000 euros pour sa seule campagne dans le 15e arrondissement. "C'est une estimation à la louche", tient-il à préciser avant de demander "par simple curiosité" combien dépensent les autres partis.

> Paris libéré et sa boulette financière

Chez Paris libéré , les calculs ne sont pas vraiment précis. "Vous savez le mouvement est très récent", prévient la directrice de campagne de Charles Beigbeder. "Pour le total de tous les arrondissements, on arrivera à 500.000 euros dont 50.000 seront uniquement réservés à la campagne parisienne. L'argent provient principalement des candidats qui ne seront pas remboursés s'ils ne dépassent pas les 5%. Combien d'argent a injecté le chef de file Charles Beigbeder ? "Je ne sais pas", confesse notre interlocutrice. Le parti a également lancé des appels aux dons , qui ont failli coûter très cher au parti. Comme metronews l'a révélé , Paris Libéré n'a pas respecté les règles du code électoral, en utilisant notamment le site Paypal pour récolter ses dons. Il a été contraint de rembourser la totalité de ses dons récoltés pour ne pas voir ses comptes rejetés.

> Les banques en veulent au Front de gauche

Sans surprise, le Front de gauche est le parti qui dépensera le moins pour financer ce scrutin parisien. "La campagne va nous coûter environ 232.000 euros", prédit Sylvie Aebischer, directrice de campagne de Danielle Simonet. Et la dépense la plus importante reste l'organisation des deux meetings de la candidate Front de gauche estimés à 50.000 euros. Si environ un tiers des sommes récoltées par les 20 candidats doivent être reversées à la "campagne parisienne", le parti s'engage à rembourser ceux qui n'obtiendront pas les 5% nécessaires.

Pour le financement, le parti reconnaît avoir négligé les appels aux dons. "On a ajusté nos prévisions à nos projections politiques ", déclare Sylvie Aebisher. Mais récolter de l'argent s'est avéré difficile pour certains candidats. "Notre chef de file, Danielle Simonet, a obtenu son prêt au crédit coopératif seulement la semaine dernière. Sa banque ayant refusé de lui octroyer un prêt", raconte sa directrice de campagne qui préfère ironiser sur la situation : "Il faut croire que les banques ont lu notre tract du Front de gauche et le paragraphe qui leur est réservé."

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