Municipales : à Rennes, l'idée d'un "RER" fait son chemin

Municipales : à Rennes, l'idée d'un "RER" fait son chemin

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MUNICIPALES 2014 - Question transports, Rennes fait plutôt figure de bonne élève avec son métro, ses bus et ses vélos en libre-service. Mais des points noirs existent, que ne manquent pas de pointer les adversaires de la majorité socialiste sortante.

Douze ans après la construction de sa première ligne de métro, le Val, Rennes s'est de nouveau transformé en chantier à ciel ouvert. Car la majorité municipale socialiste a engagé depuis cette année les travaux de la deuxième ligne. Elle n'en a pas fait un enjeu de l'élection, même si elle rappelle qu'il s'agit d'un projet pourvoyeur d'emplois. Ses adversaires l'ont bien compris : la plupart n'envisagent pas d'abandonner un projet déjà sur les rails, et dont la première version a emporté l'adhésion des Rennais. Ils sont près de 40 millions par an à utiliser ce moyen de transport. À peine certains, comme Rémy Lescure, se prononcent pour un "étalement dans le temps" du chantier, ou d'autres, comme Caroline Ollivro, pour une modification du tracé en centre-ville.

Mais c'est sur un autre problème que se focalisent les candidats de l'opposition. "La deuxième ligne de métro n'apportera aucune réponse aux populations les plus précaires qui sont contraintes de vivre en dehors de Rennes", estime la liste "Changez la ville" (EELV-une partie du Front de gauche). D'où l'idée de la création d'un "RER rennais", qui profiterait du réseau ferré en étoile au cœur de laquelle Rennes est située, et qui traverse seize des 38 communes de la métropole et huit des douze quartiers rennais. Un projet chiffré à 450 millions d'euros par la liste "Changez la ville", et qui a été repris... par la droite.

Questions sur le financement

Bruno Chavanat (UDI-UMP) estime que cela répondrait à l'engorgement du centre-ville par les voitures. Il s'engage à mettre en place ce RER, mais se refuse pour le moment à chiffrer son coût. La majorité socialiste ne ferme pas non plus la porte à ce projet, mais estime qu'il faut auparavant lancer des études sur sa faisabilité. Elle se prononce surtout en faveur de la construction de nouveaux parkings relais et de la création de "conseils de mobilité".

Autre point de débat : le vélo. Rennes possède pourtant depuis 2009 d'un service de libre-service. Mais la part de ce mode de transport reste faible dans les déplacements : seulement 5 %, alors qu'elle était de 11 % en 1979. Bruno Chavanat veut ainsi "multiplier par trois l'usage du vélo en six ans", en créant un maillage de voies rapides cyclistes ou encore en imaginant une "Maison du vélo" qui proposera prêts gratuits et service de réparation. "Changez la ville" se prononce également pour des mesures visant à développer l'usage du vélo, tout comme la liste de la maire sortante.

Municipaliser les transports ?

Enfin, certains candidats veulent promouvoir les transports en commun avec une gratuité ponctuelle, à certains moments et sur certains itinéraires. C'est le cas de la liste Rennes alternatives de Rémy Lescure et de Changez la ville. Valérie Hamon (Lutte ouvrière) veut une remunicipalisation des services de transports. Enfin, Rennes Bleu marine propose une "super-rocade" supplémentaire autour de la ville pour contrer les bouchons.

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