Municipales à Rennes: qui sera le "troisième homme" de l'élection ?

Municipales à Rennes: qui sera le "troisième homme" de l'élection ?

ÉLECTIONS LÉGISLATIVES 2017
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ELECTIONS - Dans la capitale bretonne, dix listes sont en lice pour le moment. Parmi elles, Europe Ecologie-Les Verts et une partie du Front de gauche ont décidé de faire cause commune. Une alliance inédite qui pourrait bien être le troisième invité de ce scrutin.

A Rennes, ce n'est pas forcément le Front national qui jouera le rôle de "troisième homme". Le meeting du 8 février, perturbé par des affrontements entre police et manifestants venus contester sa tenue, n'a attiré qu'une centaine de sympathisants. Car l'extrême-droite fait traditionnellement des scores peu élevés dans la capitale bretonne. C'est plutôt sur la gauche de l'échiquier que cela pourrait se jouer.

La candidate de la majorité socialiste sortante, Nathalie Appéré, n'a pas réussi son pari de constituer une "gauche plurielle" dès le premier tour. Si elle a réuni le PC et le PRG derrière elle, Europe Ecologie-Les Verts et le reste du Front de gauche (Parti de gauche, Ensemble) ont choisi de s'associer au premier tour du scrutin, sur une liste : "Changez la ville".

Possible alliance avec les socialistes

EE-LV reste fidèle à sa ligne de présenter une liste au premier tour. C'était déjà le cas en 2008. Mais l'accord avec une partie du Front de gauche est inédit. "EELV et le Front de gauche ont mené au cours des dernières années un certain nombre de combats en commun : gestion publique de l'eau, prairies Saint-Martin... souligne Matthieu Theurier, tête de la liste. On s'est rendu compte qu'il y avait de nombreuses convergences."

Et derrière cela, il y a aussi un calcul politique : Jean-Luc Mélenchon avait rassemblé près de 13,5% des voix à Rennes à la dernière élection présidentielle, quand Eva Joly récoltait environ 5%. La somme des deux peut amener cette formation à peser dans le scrutin. "Notre ambition est d'être forts ensemble, pour apporter un projet neuf pour la ville", poursuit le candidat.

Nathalie Appéré, favorite du scrutin face à Bruno Chavanat, le candidat présenté par la droite, ne semble pas inquiète pour autant. Pour elle, "aucun parti n'a le monopole de l'écologie" et elle n'hésite pas à se présenter comme "la candidate de la gauche" sur ses affiches électorales. Les deux formations n'excluent pas de faire cause commune au deuxième tour. "Nous avons vocation à prendre des responsabilités, assure Matthieu Theurier. Mais ce n'est pas une alliance automatique, notamment s'il n'y a pas des avancés sur des projets." 

Un risque : l'abstention

D'autres listes vont tenter également de faire entendre leurs voix. Rémy Lescure (Alternative démocrate) présente une alliance "Rennes alternatives", en alliance avec le Parti pirate et Cap 21. Caroline Ollivro (ex-Modem) est à la tête du mouvement "Breizh Europa" qui défend l'idée d'une Bretagne fédérale.

Une liste "Solidarité et progrès" s'est également constituée, ainsi que celle du Parti ouvrier indépendant (liste "Démocratie communale"). Lutte ouvrière sera également présente, et le Nouveau Parti anticapitaliste a également annoncé qu'il présentera ses candidats. Soit, pour le moment, dix listes en lice. 

Reste un facteur important, qui pourrait bien être le "troisième homme" de cette élection : l'abstention. En 2008, elle était de 43% à Rennes, alors que la moyenne nationale tournait autour de 35%.

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