Municipales : au fait, pourquoi tous ces sondages à côté de la plaque ?

Municipales : au fait, pourquoi tous ces sondages à côté de la plaque ?

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DECRYPTAGE – Dimanche soir, de nombreux électeurs ont pu constater que les résultats du premier tour des élections municipales étaient très éloignés de ce que les sondages avaient prédit. Pourquoi de tels écarts ? Explications.

Lors des résultats livrés dimanche dernier lors du premier tour des élections municipales , les écarts entre les sondages réalisés pour certaines villes et les résultats après dépouillement ont été nombreux. La percée du Front national et la claque infligée aux socialistes ont ainsi été très imparfaitement anticipés. Et les exemples d'enquêtes éloignées des résultats officiels sont légion.

> A Paris par exemple, aucune des études publiées ces deux derniers mois ne plaçait Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP) devant Anne Hidalgo au premier tour. Le soir du résultat , l'ancienne ministre a donc pu se vanter d'avoir "fait mentir les sondages" avec ses 35,6% des voix obtenus, contre 34,4% pour la candidate socialiste.

> A Marseille, la percée du FN et le faible résultat des socialistes étaient absents des enquêtes d'opinion.

> A Hénin-Beaumont, aucun sondeur n'avait annoncé la victoire du frontiste Steeve Briois dès le premier tour.

> Personne n'avait prédit la montée écologiste à Grenoble.

Faire mentir les sondages, un acte démocratique

Contacté par metronews, le directeur des études politiques d’Opinion Way, Bruno Jeanbart, tient à nuancer "ce mauvais cru 2014". "On ne peut pas dire, 'tous les sondages ont été mauvais'. Mais oui, les écarts, à l'instar de l'année 2001, ont été importants entre les études et les résultats officiels pour certaines villes", reconnaît-il avant de livrer trois explications :

> "D'abord, cela est dû au budget moins élevé des médias. Les échantillons sont plus petits (600 personnes en moyenne, contre 1000 environ pour les élections nationales), ce qui peut expliquer qu'ils soient moins précis".

> "Presque toutes les enquêtes municipales se font par téléphone et non par Internet. Or, les sondages en ligne sont particulièrement performants pour le vote FN, qui peut être encore tabou".

> "Pour les élections locales, les enquêtes d'opinion sont souvent réalisées très tôt avant l'élection. Or, plus les sondages datent, moins ils correspondent à la réalité".

Avec autant d'imprécisions, la légitimité même des sondages pourrait être remise en cause. "Si les gens attendent que les études donnent au point près les résultats, alors oui, les instituts se sont trompés. Mais si on considère que notre rôle est de montrer une tendance, alors nous avons été très bons", se défend pour metronews Frédéric Dabi, directeur général de l'Ifop, qui tient à mettre en avant la qualité du travail de son institut. En comparant ses prédictions d'avant premier tour avec quatre autres sondeurs, l'Ifop est en effet celui qui avait le mieux anticipé la sanction de la gauche et la montée du FN. Et puis les différences entre les enquêtes et les résultats n'ont pas que des aspects négatifs, souligne Bruno Jeanbart : "Les électeurs peuvent se réjouir de faire mentir les sondages. C'est tant mieux pour la démocratie !"

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