Municipales : l'insécurité, sujet sensible à Rennes

Municipales : l'insécurité, sujet sensible à Rennes

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SECURITE - Ne l'appelez plus une « ville tranquille ». Depuis quelques années, la capitale bretonne connaît une forte hausse de la délinquance dans certains de ses quartiers. Les candidats à l'élection municipale confrontent leurs solutions pour améliorer cette situation.

Tout un symbole. Le 9 janvier, ce n'est autre que Manuel Valls qui a fait le déplacement à Rennes pour la création d'une nouvelle zone de sécurité prioritaire (ZSP) dans le quartier du Blosne. Le ministre de l'Intérieur n'a pas choisi ce quartier par hasard pour présenter ce nouveau dispositif qui vise à renforcer la présence policière dans les quartiers sensibles. Car le Blosne connaît depuis un an une très forte hausse des actes de délinquance : +29 % entre 2012 et 2013. Plus globalement, le département fait également face à une hausse des cambriolages (13,5 % en zone police). Si la situation n'est pas critique, elle n'en est pas moins inquiétante.

La majorité socialiste sortante a donc logiquement applaudi l'annonce de Manuel Valls. Les propositions de sa candidate Nathalie Appéré reprennent d'ailleurs ces mesures, en annonçant un renforcement de l’îlotage dans les quartiers prioritaires. Elle veut aussi pérenniser et étendre "de manière ciblée" le dispositif de vidéosurveillance. La majorité municipale a d'ailleurs pris les devants sur ce sujet. Lors du conseil municipal du 17 février, elle a lancé des études pour l'installation de caméras dans un centre commercial du Blosne. Elle a également récemment installé des caméras sous les halles de la République en centre-ville, haut lieu du trafic de stupéfiants.

La vidéosurveillance à droite toute

Son principal concurrent de droite, Bruno Chavanat , veut aller plus loin. Il propose un doublement des policiers municipaux dans les quartiers sensibles, ainsi qu'un doublement de la vidéosurveillance. Son objectif : "sanctuariser les lieux de vie sociale : cœurs commerciaux, bas d'immeubles et en centre-ville". Il veut aussi s'attaquer aux inconvénients des traditionnelles fêtes étudiantes rennaises, en "encourageant les réponses pénales" en cas de plaintes pour du bruit, des dégradations ou de l'ivresse sur la voie publique et en réinstituant dans les services de la ville les travaux d'intérêt général.

Sans surprise, la liste d'extrême droite Rennes Bleu marine de Gérard de Mellon va encore plus loin dans la répression. Elle propose un "renforcement de la police municipale" en la dotant notamment d'armes non-léthales (Taser, etc.) et en augmentant le nombre des caméras de vidéosurveillance. Elle affiche également une "tolérance zéro" à l'encontre de la mendicité agressive et des trafics. On est loin de la ligne de la liste Changez la ville (Europe Ecologie-Les Verts et une partie du Front de gauche) qui mise plutôt sur la prévention, avec des dispositifs de responsabilisation et de médiation. "La création d'une ZSP au Blosne est stigmatisante pour ses habitants et ne résout aucun problème", estime-t-elle.

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