Municipales : quels sont les enjeux pour le FN ?

Municipales : quels sont les enjeux pour le FN ?

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ENJEUX – Lors de ses vœux à la presse mardi, Marine Le Pen a déclaré espérer que le FN fasse élire "plus d'un millier de conseillers municipaux" en mars prochain. Le parti n'a jamais été véritablement ancré au niveau local, mais ses dirigeants veulent croire à une percée lors des élections municipales. Une chose est sûre, l'UMP et le PS auront les yeux rivés sur lui.

C'est l'inconnue du scrutin des municipales, qui fait trembler les états-majors des autres partis politiques. A en croire Marine Le Pen, le Front national pourrait gagner "des dizaines de villes" lors des élections de mars, malgré sa faiblesse locale historique. Mardi, lors de ses vœux à la presse, elle a encore espéré que sa formation fasse élire "plus d'un millier de conseillers municipaux". Les sondages et les récentes victoires frontistes laissent en effet présager une véritable poussée. Marine Le Pen a égalé le score de son père aux dernières élections présidentielles. Les résultats du FN à Beauvais et à Villeneuve-sur-Lot lors des élections législatives partielles et sa victoire aux élections cantonales de Brignoles (Var), rendent également le Front national encore plus optimiste.

Le FN compte donc profiter de l'impopularité de la majorité au pouvoir et des divisions de l'UMP pour s'imposer. Le parti pourrait ainsi gagner une trentaine de villes de 10.000 à 50.000 habitants. Parmi les communes de plus de 3.000 habitants, plus de 100 seraient même gagnables par le parti, selon son secrétaire national aux élections, Nicolas Bay. Selon une projection réalisée par l'Ifop , "13 communes de plus de 20 000 habitants (Hénin-Beaumont, Istres, Aubagne, Cavaillon, Fréjus, Forbach, Saint-Priest etc...) pourraient plus facilement être acquises au Front national. "Cela constituerait un événement politique d’importance", estime Jérôme Fourquet, directeur du département opinion publique à l’IFOP.

Le FN compte sur ses quelques têtes d'affiche

Pour maximiser ses chances, le FN mise sur certains poids lourds du parti. À Hénin-Beaumont par exemple, le parti ne cesse de s'implanter. Le secrétaire général du FN, Steeve Briois se présente en tête d'une liste où figure également Marine Le Pen. Florian Philippot, qui a acquis une véritable assise médiatique, se présente, lui, à Forbach. Mais le parti d'extrême droite peut aussi se réjouir de quelques prises de guerre qui pourraient maximiser ses chances. A Béziers, Robert Ménard, l'ancien de Reporters Sans Frontières, a de réelles chances de l'emporter. Enfin, à Saint-Gilles, une commune du Gard qui a déjà eu un maire d'extrême droite en 1989, le député FN Gilbert Collard croit qu'il peut l'emporter.

Une chose est sûre, le FN sera l'un des principaux sujets de ces élections municipales. Le PS et l'UMP ne cessent de s'écharper et de s'accuser mutuellement de favoriser la montée du parti frontiste. "Le gouvernement, acculé par l'échec de sa politique économique (...) espère se sauver d'un désastre aux élections à venir en excitant les peurs et les passions avec un seul objectif, faire monter le FN", dénonçait en décembre le président de l'UMP, Jean-François Copé, en reprenant son expression "FNPS". Même rengaine au PS à propos de la polémique sur le rapport d'intégration. "La droite fera encore faire des voix au Front national, si elle persiste à vouloir jouer avec ce type de débats tronqués (…) et hors des enjeux des élections municipales", avait lâché le porte-parole du PS, David Assouline, en critiquant "une droite bas du front".

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