Municipales : "Un rappel à l'ordre de la part de la France qui gagne peu"

Municipales : "Un rappel à l'ordre de la part de la France qui gagne peu"

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INTERVIEW – Le socialiste Jean-Christophe Cambadélis répond aux questions de metronews à l'issue du second tour des élections municipales, marqué par la très lourde sanction du pouvoir en place. Pour le numéro deux du PS, les électeurs ont adressé "une demande d'efficacité, de cohérence et de justice" à François Hollande et à ses troupes.

Les socialistes redoutaient le pire dans ce second tour. Peut-on dire que c'est ce qui s'est produit ?
Ce dimanche noir est la plus lourde défaite de la gauche dans des élections locales. C'est un rappel à l'ordre de la part de la France qui gagne peu et qui vit avec peu.

Comment expliquez-vous cette déconvenue  ?
Une partie de nos électeurs n'a pas adhéré au fond et à la forme de notre politique : la "vague bleue" dont se targue la droite est moins due à l'adhésion de son électorat qu'à une désaffection de l'électorat de gauche. Il nous appartient à présent d'entendre, et surtout de répondre à ce message. Le pacte de responsabilité doit s'accompagner d'actes de solidarité. Il faut que la trajectoire budgétaire de réduction des déficits soit socialement supportable, et que l'austérité en Europe cesse.

Donc on garde le cap, mais on l'ajuste...
On équilibre la trajectoire pour aller au cap.

Cette déconfiture du PS renforce l'hypothèse d'un remaniement rapid e. Cette option est-elle judicieuse à vos yeux ?
Le problème n'est pas principalement le remaniement, mais le ressaisissement collectif. Remanier pour quoi faire ? C'est cela la question posée. Quelle politique, quel équilibre, quelles perspectives, comment faire comprendre aux Français le pourquoi de notre action : c'est tout cela qui est en jeu. Le message de ces municipales est une demande d'efficacité, de cohérence, de justice. Le mot justice social n'est pas un gros mot.

Mais ce remaniement, l'appelez-vous de vos vœux ?
Je dirais que c'est dans l'air, mais je ne suis pas certain que cela épuise la question posée par les Français. Je laisse le président de la République faire les bons choix.

Craignez-vous un nouveau revers pour la gauche lors des européennes de mai ?
C'est une possibilité. Ce serait malheureux car nous menons la bataille contre l'austérité en Europe, et qu'une victoire des socio-démocrates permettrait de desserrer l'étau.

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