Municipales : Villeurbanne peut-elle basculer à droite ?

Municipales : Villeurbanne peut-elle basculer à droite ?

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POLITIQUE - La dix-neuvième ville de France (145 000 habitants) semble être un bastion impossible à prendre à la gauche, en place depuis 1944. Et pourtant, l'opposition nourrit cette année de grands espoirs.

Que de lauriers ! Commune la mieux gérée de France* , en pointe sur la lutte contre les discriminations** et deuxième ville la plus verte de Rhône-Alpes*** , Villeurbanne (145 000 habitants) semble en pleine santé. Elu depuis 2001, son maire PS Jean-Paul Bret (67 ans), en lice pour un troisième mandat consécutif, se montre naturellement très "serein" quant à sa réélection à la fin du mois. "Un scrutin n’est jamais gagné d’avance, tempère-t-il. Mais compte tenu de mon bilan, mes adversaires politiques n’ont pas beaucoup de prises."

Paradoxalement, cette année, le contexte paraît moins favorable à un raz-de-marée en faveur du maire sortant. Si en 2008 la gauche (PS-EELV) partait unie et la droite (UMP-UDI) divisée, c’est cette fois l’inverse qui se produit. "C’est une chance historique pour nous, souligne Jean-Wilfried Martin (40 ans), le jeune candidat UMP-UDI, qui n’hésite pas à clamer son intention de vouloir ‘arriver en tête au premier tour’. Pour Jean-Paul Bret, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais la réalité est malheureusement toute autre."

"Je concentre les attaques"

Le challenger, qui a fait de la question de la sécurité une priorité, pointe également du doigt le manque de propreté qui toucherait la ville. Ancienne alliée de la majorité puisque adjointe de Jean-Paul Bret de 2008 à 2010, la candidate écologiste Béatrice Vessiller (51 ans) se montre, elle aussi, très critique envers le maire sortant. "Il est autoritaire, n'a que son bilan comme projet et a un peu tendance à croire que la ville lui appartient. La voix de Villeurbanne n’est par ailleurs pas assez prise en compte au Grand Lyon", lance-t-elle en précisant que si la gauche se retrouvait en difficulté après le premier tour, une fusion entre les listes PS et ELLV n’était pas complètement exclue pour faire barrage à la droite.

Enfin, le candidat FN Stéphane Poncet (46 ans), qui dénonce "le communautarisme" que subirait Villeurbanne, espère obtenir entre 15 % et 20 % des voix, lui qui n’avait rassemblé que 6,71 % en 2008, tandis que la liste Lutte Ouvrière portée par Philippe Bruneau dénonce principalement la politique nationale de François Hollande et du gouvernement.. "Sans prétention aucune, en tant que sortant, je suis un personnage central de cette élection, et je concentre donc les attaques de mes concurrents, estime Jean-Paul Bret, qui demeure a priori largement favori. C'est le jeu, même si tout cela est un mélange de mauvaise foi, de légèreté et de démagogie."

*Palmarès Le Point juin 2013.
** Baromètre Cran décembre 2013.
*** Classement Unep février 2014.

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