Nantes : la gauche boit la tasse dans l’agglomération

Nantes : la gauche boit la tasse dans l’agglomération

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POLITIQUE – Si le score de Johanna Rolland permet de se maintenir à Nantes, la situation de la gauche est bien plus tendue dans l’agglomération. Tour d'horizon des points chauds.

Une avance confortable à Nantes, mais une situation plus délicate dans la métropole. Avec 34, 50 % des voix, la socialiste Johanna Rolland est bien placée pour remporter l'élection"Ce qui s’est passé ce soir à Nantes est un message positif pour ce qui va se passer dans l’agglomération", a-t-elle estimé. Cette confiance affichée était pourtant peu représentative de l’ambiance qui régnait dans les couloirs de l’Hôtel de ville dimanche : feutrée, crispée, sans triomphalisme. Car dans plusieurs communes, la situation est loin d’être rose pour le PS, plombé par le contexte national ou des sujets locaux comme l’aéroport Notre-Dame-des-Landes. Tour d’horizon d'une situation qui pourrait faire évoluer en profondeur la composition du conseil communautaire de Nantes métropole.

Centre et droite confortent leurs positions.
Ils se maintiennent dans leurs fiefs. A Saint-Sébastien-sur-Loire, le sénateur et maire centriste UDI Joël Guerriau, avec 62, 64 % des voix, repart pour un quatrième mandat, face à un jeune candidat socialiste qui n’a pas réussi à s’imposer. A Orvault, Joseph Parpaillon, maire sortant de centre droit, est réélu avec 59, 66 % des suffrages, le meilleur score de sa carrière municipale. A Vertou, l’UMP Rodolphe Amailland est élu dès le premier tour (57, 07 % des voix), alors qu’il succède à Laurent Dejoie, en place depuis trois mandats. A Sautron encore, la divers droite Marie-Cécile Gessant est réélue avec 61,59 % des voix. Enfin à Carquefou, la droite reste favorite pour le second tour : le maire sortant Claude Guillet (centre-droit) aligne 36, 83 % des voix, devant la divers droite Véronique Dubettier Grenier (34, 45 %), tandis que la gauche plafonne à 28, 71 %.

De réelles surprises.
C'était inattendu. Sainte-Luce-sur-Loire bascule à droite, remportée par l’UMP Jean-Guy Alix, 67 ans et 50, 62 %. L’échec est cuisant pour la gauche, confrontée à des divisions : Anthony Descloziers, conseiller municipal de 28 ans, avait en effet été investi par le PS, contre le maire sortant Bernard Aunette, qui avait monté sa liste concurrente. De même à Indre, Serge David, syndiqué CGT et candidat sans étiquette l’emporte au premier tour (52, 59 % des voix), face au maire sortant Jean-Luc Le Drenn.

Des points chauds
Coup de semonce au Pellerin pour la maire PS sortante : Valérie Demangeau, élue en 2008 au premier tour,  se retrouve en troisième position, derrière deux listes sans étiquette. A Thouaré-sur-Loire, la liste divers-droite vire en tête, avec 46, 36 % des voix. Un vrai désaveu pour le maire PS sortant Bernard Chesneau, 33, 23 % des voix, qui va devoir faire face à une triangulaire, le divers gauche Patrice Gallard (20,4 %) ayant choisi de se maintenir. A Bouguenais, la maire Michèle Gressus est en tête (33, 7 % contre 69, 42 % en 2008) mais elle va devoir négocier avec trois listes de gauche. Enfin, à la Chapelle-sur-Erdre, le maire PS sortant Fabrice Roussel, chef des socialistes de Loire-Atlantique, va devoir affronter deux adversaires au second tour : le centre-droit Erwan Bouvais et l’écologiste Isabelle Verdon. Cette ancienne adjointe de l’élu PS a décidé de se maintenir. Objectif : avoir un maximum d’élus dans l’opposition.


Des scores inattendus
C’est une première depuis 1959 : il y aura un second tour à Rezé. Gérard Allard, le candidat socialiste qui succède à Gilles Retière, maire depuis 1999, peine à s’imposer (47,7 %) face à Philippe Seillier (34,15 %), (droite et centre), qui fait 12 % de plus qu’en 2008. A noter, la surprise de la liste Front de gauche, qui avec 18, 11 % des voix, double son score de 2008. A Saint-Herblain également, autre fief de la gauche, la situation n’a pas été gagnée au premier tour. Bertrand Affilié (44, 14 %) succédait au maire sortant PS Charles Gauthier, en poste depuis 1989, et habitué à de larges plébiscites dès le premier tour. La surprise vient du résultat du nouveau candidat UMP Matthieu Hannereau qui avec 30, 01 % des voix double presque le score fait par la droite en 2008 (19, 40 %).

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