"Ni Macron, ni FN" : plusieurs milliers de lycéens dans les rues partout en France

ÉLECTIONS EUROPÉENNES 2019
MANIF - Plus de 2.000 personnes se sont rassemblées jeudi à Paris, Rennes, Nantes et Toulouse pour protester contre l'affiche du second tour de l'élection présidentielle, provoquant des tensions avec les forces de l'ordre.

Environ mille lycéens ont déambulé dans la capitale entre 11H00 et 14H00, de la place de la République, où ils s'étaient donné rendez-vous, jusqu'au Cours de Vincennes, où les forces de l'ordre ont mis un terme à leur "marche sauvage". Seuls quelques dizaines d'entre eux étaient encore entourés par un imposant dispositif policier vers 15H00, a constaté l'AFP.


Sur le chemin, nombre de poubelles et autres murs ont été tagués avec le slogan "Ni Le Pen, ni Macron". La vitrine d'une agence bancaire a été vandalisée. La manifestation, durant laquelle le cri "anticapitalistes" a souvent été scandé, a été perturbée par plusieurs incidents avec les forces de l'ordre. Certains groupes de jeunes ont lancé des projectiles - notamment des bouteilles de verre - contre policiers et gendarmes, et ceux-ci ont riposté au gaz lacrymogène, notamment sur la place de la Bastille.

Une banderole affichait la formule: "Stop la marche, éteindre la flamme, ça va péter dans tout Paname", double allusion au mouvement En Marche! d'Emmanuel Macron et au logo du Front national, que symbolise une flamme tricolore. "J'irai voter Macron par défaut. Mais ça me fait vraiment mal au coeur", a estimé Joséphine, en terminale au lycée Louis-le-Grand, qui a fêté son 18e anniversaire le 22 avril, veille du premier tour.


"Une vingtaine" de lycées, dont Louis-le-Grand, se sont "diversement mobilisés", a déclaré à l'AFP le rectorat de Paris, précisant que quatre d'entre eux avaient été bloqués et six autres partiellement.  Devant le lycée Voltaire, une pancarte "Ni Marine, ni Macron, ni patrie, ni patron" avait été posée sur les poubelles bloquant l'entrée de l'établissement.

"#OnVautMieuxQueÇa"

Le ministère de l'Education nationale a évoqué "quelques rares mobilisations en régions". A Rennes, 950 personnes selon la police et 1.500 selon les organisateurs, ont défilé avec pour mot d'ordre "#OnVautMieuxQueÇa". Si le cortège a démarré dans le calme, certains manifestants ont tenté de rejoindre le centre historique, dont les accès avaient été bloqués par les forces de l'ordre, qui ont utilisé des gaz lacrymogènes.


Une cinquantaine de personnes ont brièvement investi les voies à la gare de Rennes avant d'en être chassés par la police au moyen de grenades lacrymogènes. L'incident a provoqué des retards de trains allant jusqu'à 30 minutes, selon la SNCF. Les affrontements se sont poursuivis dans le centre-ville, là encore à grand renfort de grenades lacrymogènes pour tenter de disperser le cortège. Ils étaient encore quelques centaines en début d'après-midi à défiler en petits groupes, survolés par un hélicoptère de la gendarmerie, et au moins deux manifestants ont été interpellés, a constaté une journaliste de l'AFP.

Macron, Le Pen, on n'en veut pas"Un des slogans entendus dans les manifs

"C'est pas les immigrés, ni les sans-papiers qu'il faut expulser, c'est Marine Le Pen", "Macron, Le Pen, on n'en veut pas", ont scandé les manifestants. Sur des pancartes, on pouvait lire "Macron ou FHaine" ou encore "les vrais anti-système, c'est nous".


A Nantes, environ 400 personnes, dont beaucoup de jeunes, ont manifesté dans l'après-midi aux cris de "Ni patrie, ni patron, on nique les élections" ou "Macron, Le Pen, la finance ou la haine", a constaté une journaliste de l'AFP, qui a assisté à une interpellation.


Quelque 250 personnes ont également marché à Toulouse, selon la préfecture.

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