Nicolas Dupont-Aignan : "Une alternative plus sérieuse et plus sereine que le FN"

Nicolas Dupont-Aignan : "Une alternative plus sérieuse et plus sereine que le FN"

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INTERVIEW - A trois jours du premier tour des élections régionales, metronews a interrogé Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France. Candidat en Ile-de-France, le député de l'Essonne espère encore créer la surprise et nous parle de sécurité.

Comment expliquez-vous la montée du Front national depuis les attentats, alors que, selon les sondages, les listes Debout la France plafonnent toujours entre 1 et 6% selon les régions ?
Les sondages nous sous-estiment systématiquement. Le FN est un parti plus connu et plus ancien et il récupère une partie de la colère suscitée par les attentats. Mais je suis sûr que de nombreux de Français qui ne veulent plus du PS et des Républicains et recherchent une alternative plus sérieuse et plus sereine se tourneront vers nous. Les partis traditionnels et les grands médias ont une énorme responsabilité : en faisant tout pour qu'il n'y ait pas de débat, en empêchant les gens de découvrir de nouveaux partis, ils ont contribué à la frustration.

Selon une étude Ipsos pour Le Monde , la sécurité est devenue la priorité des Français, devant le chômage, pour ces élections. Comment l'analysez-vous ?
Il y a deux phénomènes concomitants. Le premier, c'est l'explosion de l'insécurité traditionnelle liée aux effets de la loi Taubira . L'autre, ce sont les attentats, et la révélation que la France ne contrôlait pas ses frontières et se montrait faible. Je rappelle que le gouvernement de Nicolas Sarkozy a supprimé 55.000 postes de militaires, gendarmes et policiers, et celui de François Hollande, 23.000 postes.

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Vous proposez de renforcer les effectifs de police dans les transports ou encore la vidéosurveillance en Ile-de-France. Sur la sécurité, les régions ont en vérité peu de marge…
La région n'a pas à supplanter l'Etat. Mais elle peut faire davantage, avec une capacité de réaction rapide, en investissant dans des équipements. Par exemple, les portiques de sécurité dans les gares.

Comme député, vous avez décidé de réorienter votre réserve parlementaire, soit 123.000 euros, au profit des forces de l'ordre. Pourquoi ce choix tout sécuritaire ?
Il y a urgence à réagir et à prendre nos responsabilités face au terrorisme. Nous sommes en guerre, l'Etat est démuni et dans les commissariats, les policiers manquent de tout : gilets pare-balles, boucliers, armes lourdes. Si tous les parlementaires faisaient de même, cela représenterait 123 millions d'euros pour les forces de l'ordre.

Le gouvernement veut inscrire l'état d'urgence dans la Constitution  afin de renforcer ce dispositif. Y êtes-vous favorable ?
Je suis favorable à cette révision constitutionnelle. Je suis également favorable, depuis longtemps, à la déchéance de nationalité. Il est temps de se défendre. Des mesures simples auraient pu être prises plus tôt, comme la saisie des ordinateurs [lors des perquisitions, ndlr] ou les fouilles de véhicules. Il faut arrêter le blabla. Ce ne sont pas des cérémonies qui arrêteront les terroristes. 

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