Paris : Hidalgo en équilibre instable

Paris : Hidalgo en équilibre instable

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MUNICIPALES 2014 - Pour financer son projet à 8,5 milliards d'euros, Anne Hidalgo, candidate PS aux municipales, a présenté lundi un chiffrage exigeant, fondé sur la sobriété. Toutefois, certaines recettes espérées restent relativement imprévisibles.

Maintenir le train de vie des Parisiens et investir autant sans faire exploser la dette. Anne Hidalgo s'est livrée lundi à un véritable travail d'équilibriste pour chiffrer son projet 2014-2020 en vue des municipales. Pour investir ses 8,5 milliards d'euros sous la prochaine mandature, dont près du tiers pour le seul logement, la candidate socialiste devra fouiller dans son porte-monnaie. Elle a en effet promis aux Parisiens de ne pas augmenter les impôts durant six ans.

La situation financière de Paris, qu'elle juge "saine" malgré l'endettement en hausse constante, ne suffira pas. Elle doit donc rechercher recettes et économies partout où cela est possible. Avec un impératif affiché, "développer un état d'esprit permanent de performance", dit celle qui promet le maintien des services publics, et même des embauches dans les crèches, la propreté et la sécurité.

Promesses d'économies

Côté économies, la candidate promet de contenir, sur six ans, les 222 millions d'euros de hausse qui vont peser sur le budget de fonctionnement de la Ville. Comment fera-t-elle ? En réduisant à "une vingtaine" le nombre de ses adjoints, contre 36 actuellement, le nombre de collaborateurs, les dépenses d'énergie et de communication ou encore en "dématérialisant" certains services administratifs. Soit une dizaine de millions d'euros environ pour chacun de ces postes.

Ce "dégraissage" ne suffira pas. Anne Hidalgo prévoit donc d'agir sur des recettes au demeurant incertaines. Sa cible prioritaire : l'Etat, qui a imposé à Paris une contribution croissante au profit des collectivités plus pauvres. "Dans les négociations avec l'Etat, je serai extrêmement ferme pour obtenir un arrêt de cette évolution", jure l'élue socialiste.

Vente des bijoux de famille

Sur le front de l'immobilier, outre les recettes fiscales très aléatoires que Paris tire des transactions (près d'un milliard d'euros l'an dernier), Anne Hidalgo compte vendre au privé des biens appartenant à la Ville et jugés "inutiles". Elle espère tirer près de 200 millions d'euros par an de la liquidation de ces "bijoux de famille", ne citant que la vente de la cité administrative du boulevard Morland (4e), vidée des services de la préfecture. Le scénario est optimiste : la Ville n'a encaissé que 130 millions d'euros par an par ce biais depuis 2001.

L'élue PS évoque enfin des pistes "innovantes" pour alimenter les recettes de la capitale. Si elle est élue, la Ville fera appel sans complexe aux financements privés. Une Fondation de Paris captera les généreux milliardaires "amoureux de Paris" et la pub sera généralisée sur les bâches de chantier. A condition que les intéressés se prêtent au jeu.

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