Penelope Fillon a touché 45.000 euros d'indemnités de licenciement, selon le "Canard enchaîné"

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AFFAIRE FILLON - Soupçonnée d'emplois fictifs comme assistante parlementaire, Penelope Fillon aurait touché, en deux fois, 45.000 euros d'indemnités de licenciement payées par l'Assemblée nationale, affirme le "Canard enchaîné" dans son édition de mercredi. Des chiffres que conteste l'ancien Premier ministre. Le Parisien révèle de son côté que l'épouse de François Fillon a cumulé deux emplois entre 2012 et 2013.

Si la réalité de l’emploi exercé par Penelope Fillon comme attachée parlementaire suscite la perplexité des enquêteurs du Parquet national financier, il est une chose qui ne peut être remise en cause : l’épouse de François Fillon a bien touché des d'indemnités de licenciement à la fin de sa collaboration avec son mari. 


En effet, selon le "Canard enchaîné", elle a perçu en août 2002 "16.000 euros d'indemnités, soit l'équivalent de cinq mois de salaire" alors qu'elle avait retrouvé un mois plus tôt un emploi auprès du suppléant de François Fillon, Marc Joulaud.


Or, "la législation ne prévoit pas un tel niveau d'indemnités de licenciement pour un collaborateur parlementaire", affirme encore l’hebdomadaire. Ces indemnités portent sur la période 1998-2002, pendant laquelle Penelope Fillon a été rémunérée comme assistante parlementaire (165.686 euros net de salaires sur cette période, selon le site internet du candidat Fillon).

"La législation ne prévoit pas un tel niveau d'indemnités de licenciement pour un collaborateur parlementaire"Le Canard enchaîné

Par ailleurs, lorsque François Fillon a mis fin, en novembre 2013, au dernier contrat de son épouse à l'Assemblée nationale, celle-ci a perçu "29.000 euros" d'indemnités de licenciement pour 17 mois de travail (rémunérés 65.839 euros net, selon le site internet de M. Fillon).


Concernant l'embauche de sa fille Marie (entre octobre 2005 et décembre 2006), le "Canard Enchaîné" nous apprend qu'elle cumulait dans le même temps un stage d'avocate (payée 11.035 euros brut) en tant qu'étudiante à l'École de formation du Barreau (EFB). "On ne voit pas comment elle a pu cumuler le tout", déclare un camarade de promo de la jeune femme, alors âgée de 23 ans.

Fillon accuse le Canard Enchaîné de "présentation mensongère"

Dans un communiqué,  François Fillon assure que les chiffres donnés lundi prenaient en compte les indemnités de licenciement de sa femme. L’ancien Premier ministre réfute surtout les sommes indiquées par le "Canard Enchaîné".  "La somme reçue par Mme Penelope Fillon en novembre 2013 n’est pas de 29.000 euros, mais de 7.754,02 euros, comprenant les congés payés", écrit-il. L’hebdomadaire "confond certainement avec une somme de 29.565,43 euros qui correspond au total du bulletin de paye du mois d’août 2007 au terme de cinq ans de collaboration avec Marc Joulaud", ajoute-t-il.


"Quant à la somme de 16.000 euros dont le Canard Enchaîné prétend qu’elle l’aurait reçue en août 2002, elle lui a en fait été payée en juin 2002, à l’issue de 51 mois de collaboration en tant que ma collaboratrice parlementaire et s’élève exactement à 16.616,93 euros. Enfin, chacune de ces trois sommes inclut le salaire du mois concerné, les indemnités ne représentant qu’une partie de la somme figurant sur le bulletin de paye", précise François Fillon, qui conclut que "seule la volonté de nuire peut expliquer cette présentation mensongère".

Penelope Fillon a cumulé deux emplois entre 2012 et 2013

Mais une autre révélation, sans doute plus embarrassante, du Parisien pourrait venir accréditer la thèse d’un emploi fictif. Penelope Fillon a contractuellement cumulé deux emplois entre 2012 et 2013. Assistante parlementaire de son mari entre juillet 2012 et novembre 2013, elle était parallèlement engagée comme conseillère littéraire à la Revue des Deux Mondes (entre mai 2012 et décembre 2013).


Selon l’avocat de François Fillon, Me Antonin Lévy, cette situation est parfaitement légale. "Il n’existe aucune incompatibilité", assure-t-il au Parisien. Sur le plan légal, il n’y a en effet "pas d’interdiction de cumul", confirme au quotidien un spécialiste de droit du travail.


Néanmoins, à l’heure où la justice cherche à déterminer si l’emploi de Penelope Fillon comme attachée parlementaire était fictif ou non, ce cumul d’emplois peut poser problème à la ligne de défense du camp Fillon. "C’est une question d’organisation du temps de travail", souligne de son côté Me Antonin Lévy.

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L'affaire Penelope Fillon

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