Pierre Cohen, maire PS de Toulouse : "Ce sera difficile, mais je suis confiant"

Pierre Cohen, maire PS de Toulouse : "Ce sera difficile, mais je suis confiant"

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MUNICIPALES – Distancé au soir du premier tour avec 32,26% des voix, Pierre Cohen veut croire en sa victoire dimanche soir. Forte d'une nouvelle liste suite à un accord avec les Verts, le maire sortant souhaite convaincre les abstentionnistes d'aller voter dimanche.

Deux jours après les résultats du premier tour dans quel état d'esprit êtes-vous ?
Je suis serein ! J'ai la volonté de convaincre les abstentionnistes ainsi que les personnes qui ont voté pour les autres listes de gauche présentes au premier tour. Ce sera difficile, mais je suis confiant, car en 48 heures, nous avons réussi à reconstituer une liste ("Rassemblée, Toulouse avance") qui correspond à ce que je souhaite avec l'intégration d'EELV. Après, c'est un contexte particulier car il y a un signal fort au niveau national. J'ai été surpris par le décalage entre mon score et celui de Jean-Luc Moudenc (UMP). Pendant six mois, les sondages nous donnaient des écarts d’un, deux ou trois points. Là ça fait six points. Mathématiquement c'est jouable, politiquement on s'attendait à ce signal fort. La question est de savoir s'il va se conforter ou se nuancer.

Vous avez fusionné les listes avec les Verts mais pas avec le parti de gauche. N'avez-vous pas peur que votre message politique soit brouillé ?
L'accord signé avec les Verts n'est ni une magouille, ni de la cuisine interne d'autant qu'il était écrit il y a trois mois. Pendant cette campagne, ils voulaient mener un débat, j'en prends acte. Nous sommes tombés d'accord sur l'offre de transports (bus, BHNS…), la réduction de la facture énergétique des Toulousains ou sur la nutrition, avec l'instauration de circuits courts ou la mise en place de maison de la nutrition. Lors de la campagne, le parti de gauche a fait peu de propositions pour Toulouse ou peu réalisables. Ses propositions ne pouvaient pas me convenir. Je sais que Jean-Christophe Sellin (tête de liste du parti de gauche) n'a pas donné de consigne de vote pour le second tour : à ses électeurs de voir s'ils veulent le retour d'un maire conservateur et ancré dans le passé ou pas.


Le taux d'abstention a été très fort à Toulouse (47,78 %). Comment comptez-vous vous y prendre pour convaincre les Toulousains qui n'ont pas voté au premier tour d'y aller dimanche ?

Il faut noter que l'abstention à Toulouse progresse au fil des élections. Lors du premier tour des municipales en 2008, on était à 56 % de participation, là on se retrouve à 52 %. On perd 4 % alors que d'autres villes chutent de 6 ou 8 %. Ensuite j'ai entendu le signal. Après ces élections le message qu'on devra donner à François Hollande est qu'il faut aller plus vite sur la lutte contre le chômage, la justice sociale. Localement c'est ce qu'on réalise aussi quand on construit plus de logements sociaux, quand on met en place davantage de transports en commun ou la maîtrise de l'énergie.


En cas de défaite dimanche soir, avez-vous prévu de siéger dans l'opposition municipale ?

Oui ! Je crois connaître parfaitement les dossiers, je ne laisserai pas dilapider l'héritage, je jouerai mon rôle d'opposant. Je connais les projets et les arbitrages que j'ai effectués. Je n'ai pas l'intention de démissionner et de faire autre chose. Mais il y a de belles choses à construire dans les six ans à venir.
 

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