PMA, nucléaire, retraite : ces ministres qui risquent de rapidement se retrouver en désaccord avec Macron

DÉSACCORDS - Parmi les responsables politiques et personnalités de la société civile entrés au gouvernement, certains ne partagent pas toutes les idées du président Emmanuel Macron. Sur le nucléaire, sur la procréation médicalement assistée (PMA) ou encore sur l'âge de départ à la retraite, qui va devoir s'asseoir sur ses convictions ?

Le gouvernement d'Edouard Philippe a été dévoilé ce mercredi à 15 heures. Il compte quatre membres socialistes, trois membres du parti Les Républicains, trois personnalités du MoDem et deux du Parti radical de gauche. Ainsi, il paraît inévitable que les ministres et secrétaires d'Etat ne partagent pas tous les mêmes idées, à commencer par celles défendues par le président de la République Emmanuel Macron au cours de la campagne. Qui pourrait rapidement avoir à avaler des couleuvres au cours du quinquennat, et sur quels sujets ? On fait le point. 

La procréation médicalement assistée (PMA)

Au cours de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron s’est prononcé pour l’ouverture de la PMA aux femmes seules et aux couples de femmes. Le président de la République s’est également dit favorable à la reconnaissance des enfants nés d’une gestation pour autrui (GPA) à l’étranger pour ne pas les laisser sans existence juridique. 


Sur ce sujet de société, il est possible d'affirmer que les membres du gouvernement issus du parti Les Républicains ne partagent pas l'avis du nouveau pensionnaire de l'Élyséee. Bruno Le Maire, nommé ministre de l'Economie, s'est toujours prononcé contre la PMA et la GPA. "Je ne suis pas favorable à la PMA pour les couples homosexuels", a-t-il déclaré en octobre 2016 au Parisien. Aujourd’hui ce n’est pas possible, j‘estime que ça doit rester impossible." Et de poursuivre : "Je ne suis pas favorable à la GPA, qui conduit à mon sens à la marchandisation des corps." 


Le Premier ministre Edouard Philippe avait lui fait partie des députés LR qui s'étaient abstenus lors du vote de la loi Taubira. Avec Nathalie Kosciusko-Morizet, qui avait fait le même choix, ils avaient publié en février 2013 une tribune pour s'expliquer. "Nous nous opposerons résolument à la PMA pour les couples homosexuels féminins et à la GPA qui, au nom de l’égalité, ne manquera pas d’être réclamée par la suite."


Gérald Darmanin, nouveau ministre de l'Action et des Comptes publics, s'était particulièrement illustré par son opposition au mariage pour tous à l'Assemblée nationale. Il était partisan, comme Nicolas Sarkozy, d'une distinction entre le mariage ouvrant à la filiation, l'adoption et la PMA pour les couple hétérosexuels, et le mariage pour les homosexuels qui n'ouvrirait pas le droit à la filiation, l'adoption et la PMA. 

La question du nucléaire

Emmanuel Macron souhaite maintenir le cap fixé par la loi de transition énergétique et réduire à 50% la part du nucléaire à l’horizon 2050. Le nouveau président veut fermer la centrale de Fessenheim mais il n’a jamais vraiment remis en cause cette source d’énergie.


Entré au gouvernement après d'âpres négociations avec le nouveau chef de l'Etat, le ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot n'a pas vraiment le même avis sur la question du nucléaire. Il considère que "le nucléaire fait partie du monde d’hier" et souhaite sortir de la dépendance à l’énergie atomique.

 

A l'opposé de ses positions, Edouard Philippe, ancien cadre d’Areva, a voté contre la loi du 17 août 2015 sur la transition énergétique pour la croissance verte, et contre la loi du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages. Alexis Deck, conseiller municipal EELV du Havre, ville dont le Premier ministre est maire depuis 2010, prévient : "Edouard Philippe a finalement eu peu de considération pour l’environnement au Havre. Je suis très inquiet qu’il reproduise cette attitude au niveau national."

L'âge de départ à la retraite

Le programme d’Emmanuel Macron est clair : "Nous ne toucherons pas à l’âge de départ à la retraite, ni au niveau des pensions".


Lors de la primaire de la droite, Bruno Le Maire, nommé ministre de l'Economie, défendait le relèvement de l’âge de départ à la retraite à 65 ans et une augmentation de la durée d’assurance requise pour le taux plein à compter de la génération née en 1957. En revanche, il était pour, à terme, la mise en place d’un régime unifié par point (comme Emmanuel Macron). 


Si Edouard Philippe ne s’est jamais exprimé personnellement à ce sujet, nous pouvons supposer qu’il partage l’avis d’Alain Juppé, dont il est très proche et dont il a été le porte-parole lors de la primaire de la droite. Le maire de Bordeaux est partisan du relèvement de l’âge de la retraite à 65 ans.

Moralisation de la vie publique

Il s’agit de l’une des priorités du nouveau gouvernement, et la condition du ralliement de François Bayrou à Emmanuel Macron : faire voter une grande loi de moralisation de la vie publique. Le président souhaite notamment via cette loi interdire toute embauche par un élu ou un ministre d’un membre de sa famille, interdire le cumul de plus de trois mandats identiques successifs, la suppression du régime spécial des parlementaires.


Edouard Philippe a voté contre la loi du 11 octobre 2013 relative à la transparence de la vie publique adoptée par la majorité socialiste après l’affaire Cahuzac. En fin de semaine dernière, le nouveau Premier ministre a par ailleurs été épinglé par Mediapart, qui révélait qu’il avait écopé d’un blâme sur sa déclaration de patrimoine de 2014 de la part de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. Il a également voté contre la loi relative au cumul des mandats interdisant le cumul des fonctions exécutives locales avec le mandat de député ou sénateur.

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