Pour Macron, "il faut clarifier" le rôle de la Première dame à l'Elysée : où en est-on aujourd'hui ?

Pour Macron, "il faut clarifier" le rôle de la Première dame à l'Elysée : où en est-on aujourd'hui ?

STATUT OR NOT STATUT - Questionné sur le rôle que pourrait jouer son épouse Brigitte Trogneux s'il était élu Président, Emmanuel Macron a jugé, vendredi matin sur RTL, utile de "clarifier" le statut de la compagne ou du compagnon du chef de l'Etat. En France, ce rôle reste informel.

Le sujet, pourtant récurrent, était passé sous les radars de cette campagne présidentielle. Mais au détour d'une question, vendredi matin sur RTL, Emmanuel Macron l'a remis sur la table : faut-il un statut pour la compagne ou le compagnon du chef de l'Etat ?

Sur ce sujet, le candidat d'En Marche, marié à Brigitte Trogneux, a estimé "qu'il est important de clarifier" ce statut et que le sujet devrait être abordé "dans les prochaines semaines" de campagne. Voici comment il décrit, de façon un peu floue d'ailleurs, le rôle qu'aurait son épouse s'il était élu en mai prochain : 

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Emmanuel Macron dans la course à l'Elysée

Un rôle officiel ? Ça dépend comment on l'entend... Elle aura le rôle qu'elle a toujours eu auprès de moi... Elle m'a toujours accompagné [...] Rémunérée ? Non. Avoir un rôle, une capacité à faire, oui- Emmanuel Macron

Rôle informel

Si c'est flou, dit-on, c'est qu'il y a un loup : en France, contrairement aux Etats-Unis par exemple, le rôle de la Première dame n'a jamais été encadré par la loi malgré de nombreux débats sur la question. Et pourtant, qu'il s'agisse de Danielle Mitterrand, de Bernadette Chirac, de Cécilia Sarkozy puis Carla Bruni et, dans la première partie du quinquennat de François Hollande, de Valérie Trierweiler, ces personnalités ont joué un rôle politique, sinon de conseillères de l'ombre, du moins de représentation aux côtés du chef de l'Etat, notamment à travers des associations caritatives influentes. 

Bien que le terme de "Première dame" ait été constamment employé par la presse sous la Ve République (et mentionné pour la première fois en 2010, sous Nicolas Sarkozy, sur le site de l'Elysée), aucun statut ne régit cette fonction. Il s'agit, comme le rappelait le Premier ministre en 2015 dans une réponse au Sénat, "d'une coutume républicaine" qui reconnaît au "conjoint ou à la conjointe, compagnon ou compagne du chef de l'État", la possibilité de "jouer un rôle de représentation" et de "mettre sa notoriété au service de causes d'intérêt général", sans rapport, d'ailleurs, avec le fait que le couple soit ou non marié.

Un coût pour le contribuable

L'omniprésence de ces Premières dames et leur rôle effectif dans le protocole de l'Elysée posent toutefois régulièrement la question de leur statut. On se souvient aujourd'hui de la rencontre polémique entre Danielle Mitterrand et l'ancien dictateur cubain Fidel Castro en 1995. En 2003, Arnaud Montebourg s'était ému de la participation de Bernadette Chirac à des déplacements présidentiels, impliquant que des crédits alloués à la présidence soient affectés à cette personnalité. Dans le cas le plus extrême, on se rappelle du rôle diplomatique aux contours flous joué il y a dix ans par Cécilia Sarkozy dans l'affaire dite "des infirmières bulgares" lors d'un déplacement en Libye.

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Cécilia Attias retrouve les infirmières bulgares pour la première fois depuis leur libération

C'est d'ailleurs cette dernière affaire qui avait poussé à l'époque Patrick Devedjian (LR) a plaider, en vain, pour "qu'on aborde la question du statut du conjoint du chef de l’État dans la réflexion lancée sur la réforme des institutions". Une question récurrente : Carla Bruni, comme ses homologues, a pu bénéficier de huit collaborateurs à l'Elysée pour un montant estimé à plus de 36.000 euros par mois. Et la seule sécurité de Julie Gayet, compagne de François Hollande, coûtait 400.000 euros par an au contribuable, selon le livre L'Elysée Off

Difficile à codifier ?

A l'occasion d'une énième question posée à l'Assemblée sur le sujet fin 2013, le ministre aux Relations avec le Parlement Alain Vidalies avait jugé "légitime" que la Première dame puisse avoir un rôle dans un protocole. Mais, à l'instar de constitutionnalistes comme Guy Carcassonne, il avait ajouté que la définition d'un "statut de Première dame de France n'était ni véritablement utile, ni juridiquement concevable", car un texte définissant des droits et obligations pour une personne privée en raison d'un lien lui aussi privé avec le chef de l'Etat "se heurterait à des obstacles constitutionnels". 

En somme, personne ne semble avoir pour l'heure de solution viable pour faire exister juridiquement la Première dame. D'où la prudence d'Emmanuel Macron vendredi matin. Pour Alain Vidalies, ce rôle informel restait légitime à condition "que les moyens mis à sa disposition dans ce cadre puissent être justifiés par ce rôle et faire l'objet d'une parfaite transparence". Et si l'on commençait par là ?

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Julie Gayet dans les jardins de l'Elysée !

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