Près de 28% des électeurs ne savent toujours pas pour qui voter : les indécis vont-ils faire basculer l'élection ?

Élections Européennes 2019
EUROPÉENNES - Le scrutin du 26 mai est marqué par un fort risque d'abstention en France, mais aussi par l'indécision d'une partie des électeurs à quelques jours des élections. Une situation assez semblable aux scrutins précédents.

Certains envisagent de ne pas aller voter, laissant présager un niveau d'abstention comparable à celui des élections précédentes (59% en 2009, 57% en 2014). D'autres pensent se rendre aux urnes... Mais n'ont toujours aucune idée de la liste qu'ils choisiront. Les fameux "indécis" sont, à quelques jours du scrutin, au coeur de toutes les attentions de la part des candidats aux élections européennes. Et pour cause : ils sont nombreux, et donc susceptibles de faire bouger les lignes à la dernière minute. 


Quelle est la part des électeurs indécis ? Pour le scrutin du 26 mai, pas moins de 28% ne se disent pas certains de leur décision, selon notre baromètre Harris Interactive-Epoka pour LCI. Un doute qui s'inscrit dans un contexte de morcellement des motivations de l'électorat, 49% envisageant un vote "d'adhésion" à une liste ou un projet, et 27% un vote de "protestation", essentiellement dirigée contre la politique d'Emmanuel Macron, en hausse au cours de ces dernières semaines. 


L'indécision dans la dernière ligne droite du scrutin est supérieure chez l'institut Kantar (TNS Sofres), qui l'évalue à 52% des électeurs. Chez Elabe, au même stade, 15% des interrogés qui envisagent d'aller voter dimanche n'affichent aucune intention de vote ; 34% affirment qu'ils pourraient changer d'avis - une position particulièrement marquée chez les potentiels électeurs d'EELV (46%), et dans une moindre mesure chez les électeurs du PS-PP (35%) et de LFI (34%). 

Choix de la dernière minute

La situation est-elle différente de celle des élections précédentes ? Pas vraiment, à en croire les sondages d'intention de vote réalisés à l'époque. En 2014, l'institut Ifop Fiducial avait évalué à 40% la part des indécis dans la semaine qui précédait le scrutin. En outre, si 61% des électeurs indiquaient avoir déjà fait leur choix avant la campagne, 17% disaient s'être décidés durant la campagne, et pas moins de 22% avaient hésité "jusqu'au dernier moment". 


De la même manière, les archives TNS Sofres montrent que 44% des interrogés, en 2014, se donnaient encore la possibilité de changer d'avis dans les derniers jours de campagne. Si l'on remonte aux élections européennes de 2009, la proportion d'indécis étaient également importante, avec un bémol : une prise de décision brutale dans les derniers jours. Ainsi, toujours selon TNS Sofres, 29% des électeurs se disaient indécis à quelques jours du scrutin, contre 37% une semaine avant. Des éléments qui tendent à conforter l'idée que les Européennes constituent un scrutin où l'on se décide particulièrement tard. 

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