Présidence LR : Laurent Wauquiez, l'habitué des sorties "musclées"

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L'entrée en campagne de Sarkozy

RETRO – Nicolas Sarkozy, candidat à la primaire, laisse Laurent Wauquiez assurer l’intérim des Républicains où l’élu du Puy-en-Velay ne fait pas l’unanimité. Rappel de ses propos les plus polémiques.

Laurent Wauquiez en patron des Républicains. Si l’annonce fait grincer des dents au sein du principal parti de droite, la nomination de l’élu du Puy-en-Velay, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, n’est pas une surprise. Dès lors que Nicolas Sarkozy a cédé sa place pour devenir candidat à la primaire de droite, les statuts faisaient de son numéro 2 le président par intérim (jusqu’à fin novembre) de la formation politique. Laurent Wauquiez, "quadra" ambitieux, divise sa famille politique à cause de ses prises de positions tranchées. En voici un florilège.

Ses sorties les plus polémiques

  • 1L’internement préventif des djihadistes présumés

    Depuis les attentats de novembre 2015, Laurent Wauquiez prône l’internement préventif des "fichés S", ces djihadistes présumés placés sous surveillance dans le cadre de la lutte antiterroriste. "Il est nécessaire de mettre hors d’état de nuire toutes ces personnes et de sortir de l’angélisme", prônait-il en mars, loin de faire l’unanimité dans sa famille politique en raison de l’attente évidente aux règles de droit que cette proposition implique. Après l’attentat meurtrier de Nice, le numéro 2 des Républicains réitérait, estimant qu’il fallait "changer le droit" pour permettre l’enfermement d’individus qui n’avaient pas été jugés. Cette sortie à l’Assemblée nationale avait provoqué un violent accrochage avec Manuel Valls. "Je ne crois pas que ce soit un dérapage de votre part, je pense que c'est une stratégie, que je ne confonds pas avec la droite républicaine. Cette stratégie, elle vous emportera", avait rétorqué ce dernier.
  • 2Supprimer la Commission européenne

    Après le Brexit, en juin dernier, un autre sujet avait suscité une violente altercation entre Laurent Wauquiez et Manuel Valls. Le numéro 2 des Républicains, tirant ses enseignements du référendum britannique, avait prôné la suppression pure et simple de la Commission européenne, une proposition taxée de "populiste" par Manuel Valls. "Dans ma tête les choses sont très simples", avait justifié celui qui a occupé le ministère des Affaires européennes. "D'abord un projet de refondation radical et ensuite un référendum." Une proposition qui ne fait pas forcément l’unanimité chez les Européens convaincus de sa famille politique.
  • 3La "trahison des élites"

    Dans une interview au Figaro en février dernier, le nouveau patron des Républicains, diplômé de l’Ena, n’hésitait pas à s’emporter contre ce qu’il nommait "la trahison des élites", tapant sur une classe politique accusée d’être constituée de "techniciens au petit pied", "lâches, aveugles et inconstants". Il ne précisait pas si ses camarades LR étaient visés ou non par ses propos.
  • 4Haro sur le mariage pour tous

    Alors que Nicolas Sarkozy a écarté de revenir sur le texte de gauche instaurant ouvrant le mariage aux couples homosexuels, Laurent Wauquiez, opposant de longue date à cette mesure, n’en démord pas. "Moi, je n’ai pas changé d’avis", affirmait-il en février 2016. "Je me suis opposé à la loi Taubira et je suis toujours pour la suppression de cette loi" qui, dit-il, "amènera nécessairement à un détricotage de la filiation".
  • 5La croisade contre "l’assistanat"

    Au printemps 2011, alors qu’il était aux Affaires européennes, l’ex-ministre avait lancé une offensive contre "les dérives de l’assistanat", jugeant qu’il s’agissait d’un "cancer de la société française" et pointant du doigt les bénéficiaires du RSA. Pour lui, il fallait plafonner le cumul des minima sociaux à 75% du Smic. Une sortie qui lui avait valu des critiques de son propre gouvernement, dont l’ex-ministre de la Santé Roselyne Bachelot et Martin Hirsch, l’initiateur du RSA.
  • 6Les logements sociaux pour "ceux qui travaillent"

    Dans la même veine, Laurent Wauquiez avait suggéré, en 2011, de réserver "une partie des logements sociaux à ceux qui travaillent", assurant que cela n’était pas dirigé contre les chômeurs.
  • 7Les "racines" de DSK

    En mars 2011, peu après un discours de Nicolas Sarkozy dans sa commune du Puy-en-Velay sur "l’héritage chrétien de la France", Laurent Wauquiez avait fait référence à Dominique Strauss-Kahn, à l’époque patron du FMI et pas encore visé dans l'affaire du Sofitel de New York. "Ce n’est pas la même approche", avait-il dit à propos du possible rival de Nicolas Sarkozy pour 2012. "Dominique Strauss-Kahn est à Washington, il a sûrement une très belle maison sur le fleuve Potomac. Ce n’est pas la Haute-Loire, ce n’est pas ces racines-là".

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