Alliance avec Bayrou : Macron a-t-il vraiment raison de s'en réjouir ?

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PRÉSIDENTIELLE 2017 - François Bayrou a fait mercredi une offre d’alliance à Emmanuel Macron, que ce dernier a aussitôt accepté. Mais le ralliement du maire de Pau ne présente-t-il pas plus d’inconvénients que d’avantages ?

Après avoir hésité pendant des semaines à se présenter à l’élection présidentielle, François Bayrou a finalement décidé de passer son tour pour s’allier à Emmanuel Macron. Les deux hommes doivent se voir ce jeudi pour sceller leur alliance. 


Le fondateur d’En Marche s’est réjoui dès mercredi soir de ce nouveau soutien, qui "s'inscrit dans (s)a démarche de rassemblement". Pourtant, l’arrivée du Béarnais n’est pas forcément de bon augure pour lui. Comme le rappelle non sans ironie dans Le Parisien Thierry Solère, le porte-parole de François Fillon, "il a porté chance à Juppé pour la primaire, à Balladur face à Chirac (en 1995, ndlr). Franchement, son alliance avec Macron, ce n’est pas forcément une mauvaise nouvelle pour nous".

Ce ralliement pourrait par ailleurs avoir un effet indésirable sur la stratégie politique de l’ancien banquier. Comme François Bayrou, Emanuel Macron désire dépasser le clivage droite-gauche. Ce qui signifie dans la pratique être en capacité de rassembler des personnalités politiques (et des électeurs) issues des deux camps. Or, si de plus en plus d’élus de gauche ont rallié En Marche ces dernières semaines, ceux de droite ne sont guère nombreux. 


Et l’arrivée du maire de Pau dans le sillage d’Emmanuel Macron ne va sans doute pas les inciter à sauter le pas. "Bayrou, c’est l’épouvantail absolu pour les électeurs de droite", assure Thierry Solère.

Même Borloo est perplexe

Même s’il s’est mis en retrait de la vie politique, l’ancien ministre Jean-Louis Borloo conserve un œil attentif sur l’élection présidentielle. Selon RTL, lui aussi accueille avec perplexité l’attelage Macron-Bayrou. Il juge que le président du Modem est un repoussoir pour la droite et le centre-droit.

Un avis partagé par le juppéiste Dominique Bussereau, pour qui "les électeurs de centre droit ne se sont jamais vraiment reconnus chez François Bayrou". Et même si "dans un premier temps, son ralliement va donner un avantage arithmétique à Emmanuel Macron", " il n’est pas sûr que cela change la donne pour François Fillon", confie l’ancien ministre de l’Agriculture au Parisien

Cette alliance avec Bayrou, qui pourrait de la même manière refroidir des électeurs de gauche, qui eux trouveraient l'ancien ministre de Jacques Chirac trop à droite, met aussi à mal la promesse d’Emmanuel Macron de ne faire "aucun accord d'appareil". Le 19 janvier dernier, il avait en effet déclaré qu’il ne négocierait "aucune circonscription contre un ralliement". Pourtant, il devra bien trouver un peu de place aux partisans de François Bayrou qui vont désormais faire campagne pour lui. 


Enfin, si l'écologiste Corinne Lepage, qui a rejoint En Marche il y a quelques semaines, a salué le ralliement de François Bayrou, elle rappelle "qu’il n’est pas toujours facile de travailler avec lui". A deux mois du premier tour, Emmanuel Macron va avoir tout le plaisir de le vérifier.

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Corinne Lepage est ravie du soutien de Bayrou à Macron mais...

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